E rouge

En ce jour (25 mai 2019) de fin de campagne pour les élections européennes, les jeunes, à travers le monde occidental (l'adjectif est important), manifestent pour "sauver la planète".

Ne doutons pas de leur bonne foi. Ils pensent très fort que "les autres", c'est à dire ceux qui ne sont pas "jeunes", sont responsables de l'état qu'on leur annonce grave dans lequel se trouve la planète, du moins à en croire le GIEC. Ils sont sûrs que cet état est le résultat de l’inconséquence de ceux qui les ont précédés, qui n'ont pas eu le comportement convenable, et qui ont légué à leurs enfants des habitudes néfastes. Et ils sont sûrs aussi qu’eux, au moins, sauront modifier leur conduite pour la rendre vertueuse…

Voire. Demandons-leur, par exemple, de jeter immédiatement leur portable (pas dans la Seine, pas dans la poubelle, non, mais dans le carton où ils mettent les objets électroniques avant d’emporter celui-ci à la déchetterie). Je doute que plus de 1 ou 2 % d’entre nos jeunes manifestants fassent le geste que je leur recommande. Et je doute aussi qu'ils accepteraient d’envoyer au recyclage les objets vestimentaires à la mode qu’ils portent sur le dos ou à leurs pieds, pour se vêtir par exemple du pyjama verdâtre au col Mao qui était l’uniforme des petits Chinois au temps du « grand bond en avant » de Mao Tsé Toung (pardon Mao Zedong) alors que ce serait sûrement meilleur pour la planète.

C’est un grand paradoxe. Nos jeunes n’ont pas bien compris qu’il ne suffit pas de reprocher aux adultes le comportement dont ils héritent, mais qu'il faut aussi le leur. Et c’est là que le bât blesse…

Certains estimeront, à juste titre d’ailleurs, que ce qu’on voit surtout dans la rue, c’est l’absence du plus grand nombre des « non-manifestants » qui considèrent, pour leur part, qu’il est peut-être plus intelligent de réviser avant leurs examens prochains, plutôt que de profiter d’un jour de vacance qui ne leur sera sûrement pas reproché, et pour lequel ils seront même félicités1.

Pour ma part, j’engage le lecteur à considérer que c’est bizarrement en Occident que les jeunes manifestent, alors que les émissions croissantes de gaz à effet de serre se situent nettement plus à l'Est, en Chine et en Inde, et alors que l’Europe et les U.S.A font de gros efforts et arrivent à réduire ces émissions. Nos jeunes se trompent donc aussi de continent… Considérons la Chine et l'Inde : ces deux grands pays ne réduiront certainement pas leurs émissions avant d’avoir atteint leur objectif qui est d’amener l’ensemble de leurs habitants à un niveau de vie comparable au nôtre. D’ailleurs, ils l’ont annoncé clairement à l’occasion de la COP21 à Paris en 2015. Ce que, bizarrement, aucun journaliste n’a relevé.

Allons plus loin. Croyez-vous que les bientôt 4 milliards d’Africains, n’ont pas le même objectif que les Chinois ou les Indiens ? Bien malin qui le démontrera…

Au passage, remarquons que  l'Europe ne représente actuellement qu'environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, et que la France atteint à peine le 1 %. Lorsqu'il s'agit de protester contre les licenciements dans les hypermarchés, c'est devant le siège social de Carrefour que les manifestants se réunissent et non pas devant la boutique du cordonnier du coin qui veut licencier son unique apprenti... Des mauvaises langues m'ont fait récemment remarquer qu'il était évidemment moins dangereux de manifester en France qu'en Chine..

Revenons maintenant aux sombres prédictions de l’organisme onusien appelé GIEC que d’aucun considérent comme une association de scientifiques. Le simple bon sens permet de penser qu’il est assez peu probable qu’il n’y ait que des conséquences fâcheuses au réchauffement actuel et futur, en effet :

  • Tout d’abord, des observations honnêtes2 autour de nous nous indiquent qu’il n’y a,objectivement, pas beaucoup de changements fâcheux notables chez nous, bien que les thermomètres3 de Météo-France indiquent un réchauffement de pas loin de 1,5 degré en France métropolitaine. Cela ne vous parait-il pas étrange ?
  • Ensuite, les observations satellitaires de la NASA montrent un verdissement réel de la planète au cours des vingt dernières années, sous l’effet de l’augmentation de la teneur atmosphérique en CO2. Ce verdissement s'accompagne d'un recul net global des surfaces désertiques, ce qui n’est pas spécialement fâcheux, vous en conviendrez. Ce verdissement n’est curieusement pas mentionné par le GIEC. J’invite les lecteurs ayant lu entièrement son dernier rapport (AR5) à me contredire sur ce point.
  • Enfin, Le réchauffement important de terres actuellement trop froides pour être exploitées comme une grande partie du Nord de la Sibérie ne peut pas non plus être considéré comme un évènement fâcheux. (Le réchauffement prévu est d'ailleurs théoriquement plus important vers les latitudes les plus petites (lorsque l'on se rapproche des pôles).

Je pense donc très humblement que le GIEC exagère largement les conséquences du réchauffement, pour des raisons assez obscures, mais qui paraissent surtout politiques, car n'oublions pas que le GIEC est un organisme intergouvernemental, ce qui signifie qu'il est aux ordres des gouvernements, et plus précisément des ministères chargés de l'environnement des différents gouvernements. Comme chacun le sait, ces ministères grouillent d'écolos, et c'est parmi ceux-là mêmes que sont choisis ceux qui sont envoyés en représentation nationale aux réunions du GIEC, ce qui a pour effet de colorer nettement en vert (foncé) cet organisme. Si vous le pouvez, renseignez-vous sur les tendances politiques des employés du Ministère de la Transition Ecologique et de la Solidarité et vous serez édifiés. Je vous encourage d'ailleurs à lire (une fois n'est pas coutume) l'excellent ouvrage de François Gervais L'urgence climatique est un leurre.

J'ai assisté récemment à une conférence donnée à Paris par le docteur John Christy, spécialiste mondialement connu des mesures de températures par satellite, et je dois dire que j'ai été frappé par les graphiques qu’il nous a montré : ceux-ci indiquent que les modèles officiels exagèrent dans leurs prévisions des températures tropicales. Le graphique ci-dessous présenté lors de la conférence en est un bon exemple. Le réchauffement observé de 0,15 degré par décennie est beaucoup plus faible que ce que les modèles climatiques indiquent (0,44 degré par décennie en moyenne).

John Christy Températures tropicales
En vert, les températures mesurées par les satellites depuis 1979, et en pointillés la droite dite de régression linéaire qui représente l’évolution de la moyenne des températures avec une pente de 0,15 degré par décennie. En rouge la moyenne des températures exprimées par les différents modèles (écheveau multicolore) avec sa pente en pointillés de 0,44 degré par décennie. On voit que le réchauffement donné par les modèles est beaucoup plus fort que ce qu’indiquent les mesures.( Le logiciel qui a tracé ces courbes indique d'ailleurs que les hypothèses qui régissent les modèles sont rejetées dans cet exemple).

Dans un monde normal, l’importante différence entre ce qu’indiquent les modèles climatiques et la réalité ferait que les hypothèses qui régissent les modèles seraient purement et simplement rejetées. Ce n’est pas ce qui se produit dans notre monde : on conserve les hypothèses en disant que les mesures réelles sont fausses. C’est sur ce surprenant concept que le GIEC essaye d'endoctriner nos jeunes.

Il y a aussi un fait important que nos gouvernements, dans leur empressement à contrer ce sempiternel réchauffement, s'obstinent à ne pas voir : comme je l'ai dit un peu plus haut pour la Chine et l'Inde, un grand nombre d'habitants de notre belle planète n'ont pas pour objectif de contrer le réchauffement. Non, eux, c'est un autre objectif qu'il ont en tête : celui de sortir de la pauvreté. En fait, ce grand nombre de personnes constitue même une majorité des habitants de la planète, vivant souvent dans des zones de grande pauvreté comme l'Afrique. Mais comment ont donc fait nos proches ancètres pour sortir de la pauvreté qui était d'ailleurs l'état de l'immense majorité des gens en Occident il y a cent cinquante ans ? Eh bien, et vous avez autour de vous toutes les preuves de ce que j'avance, c'est tout simplement en brûlant des millions de tonnes de produits carbonés fossiles, charbon, pétrole et gaz naturel. Il y a une corrélation indiscutable entre l'élévation du niveau de vie et la consommation de ces produits carbonés fossiles. Mieux : cherchez-donc un autre moyen de s'extraire de cet état de pauvreté. Vous allez évidemment me citer panneaux solaires et éoliennes, suivant en cela les préconisations de l'ineffable Borloo et son projet d'électrification de l'Afrique. dans ce cas, d'ailleurs, on comprend qu'il vaut mieux ne pas confier un projet de ce type à un avocat. En effet, alimentez exclusivement un hôpital avec une source intermittente d'énergie électrique, et vous comprendrez l'erreur après la première interruption d'une opération cardiaque faute de vent... Vous pouvez retourner le problème dans tous les sens : il n'y a pas de solution viable à la sortie de la pauvreté sans brûler des produits carbonés. Nous sommes donc confrontés à un dilemne engoissant : soit condamner une fraction importante de l'humanité à rester dans leur misère, soit accepter qu'elle en sorte en envoyant dans l'atmosphère une quantité assez effrayante de gaz carbonique. Cruelle alternative...

Mais au fait, sommes nous bien sûrs que cette alternative existe réellement ? Peut-on croire que ces gens, nos frères, nous demandent la permission de sortir de leur misère ? La réponse est évidemment non. Les choses sont telles qu'en fait, que nous le voulions ou non, ces produits carbonés, à commencer par le charbon, seront, je pense, bel et bien consommés dans un futur proche et émettront leur CO2, , puisqu'il n'y a pas d'autres moyens de sortir de la pauvreté.  Seule une guerre pourrait changer cet état de fait. Une guerre consistant en un épouvantable massacre d'une population sans défense. Ce serait une solution. Ce n'est pas la mienne, et j'espère que ce ne sera pas celle des futurs gouvernements de l'Occident.

Il y a cependant une chance pour que l'apocalypse prévue par le GIEC ne se produise jamais, et cela pour une raison simple que j'ai déjà évoquée plus haut. En réalité, le GIEC se base, pour annoncer ses sombres perspectives, sur le résultat du fonctionnement de modèles informatiques sophistiqués. A la différence des autres branches de la science, la climatologie ne consiste pas à faire des expériences en laboratoire et des observations sur le terrain. 99 % de l'activité d'un climatologiste consiste à manier un clavier et un écran d'ordinateur4. Le résultat du travail des climatologues sort tout simplement de ces merveilleuses machines. Qui sont capables de prédire des tas de choses, dans la mesure où on les alimente avec des données précises et éprouvées. Mais qui sont capables aussi de sortir des prévisions complètement fausses si on les a alimentées avec des données erronées. GIGO disent les gens qui ont étudié le fonctionnement des ordinateurs : Garbage In, Garbage Out. (garbage = saleté, détritus). Les modèles informatiques sont fabriqués avec des éléments solides comme les règles de la physique. Certains de ces éléments sont le résultat de millions d'expériences et d'observations depuis quelquefois plusieurs centaines d'années, et s'ils restent malgré tout réfutables5 les chances de les trouver inexacts par l'expérimentation sont, pour la plupart, extrêmement faibles (mais jamais nulles). Mais, certains autres éléments sont des concepts nouveaux inventés par les climatologues comme, par exemple, le TTCR (Tropospheric Transient Climate Response = Réponse climatique troposphérique transitoire) . Ce concept est fondamental en climatologie. Il définit l'augmentation de température provoquée par un doublement de la teneur en CO2 de l'atmosphère, à un rythme de 1 % par an (ce qui correspond à environ 70 ans). Sans entrer dans plus de détails techniques, cette augmentation de température est donnée par les modèles6 comme égale à 2,31 ± 0,20 degrés Celsius. Autrement dit, "au terme de 1 % par an d'augmentation, la teneur en CO2 de l'atmosphère aura doublé dans 70 ans, et la température du globe aura augmenté de 2,31° ± 0,20°". Ce qui, d'après le GIEC, aménera toute une série d'évènements fâcheux. Par contre, les travaux de John Christy et de son collègue Mcnider indiquent un TTCR de seulement 1,10 ± 0,26 degré Celsius ce qui est fondamentalement différent et qui peut s'énoncer ainsi : "au terme de 1 % par an d'augmentation, la teneur en CO2 de l'atmosphère aura doublé dans 70 ans, et la température du globe aura augmenté de 1,10° ± 0,26°", ce qui, toujours d'après le GIEC, apparait comme soutenable. Autrement dit, si on ne faisait rien de plus pour diminuer les émissions de CO2 à travers le monde, (ce qui n'est évidement pas le cas) on serait, en 2090 pratiquement toujours dans la "zone de sécurité" définie par les gouvernements du monde (1,5 degrés). Cet exemple, peut-être un peu trop technique, montre que ces fameux modèles climatiques ne prédisent que ce qu'on veut leur faire prédire, et surtout, que la climatologie, science jeune doit encore consolider ses principes. Les spécialistes des modèles arrangent encore aujourd'hui leurs paramètres pour que le modèle prédise ce qu'on veut qu'il prédise...

Attention, je ne prétends pas que le GIEC se trompe et que John Christy a raison. Je remarque simplement que le TTCR n'est pas une grandeur solidement établie. Et  je constate qu'on écoute religieusement la parole du GIEC et que l'on rejette comme des hérésies les résultats d'études que font pourtant des milliers de scientifiques qui se permettent de les rendre publics parce qu'ils n'ont plus de carrière à protéger. Ne trouvez-vous pas curieux que la contradiction au GIEC soit apportée à peu près uniquement par des scientifiques en retraite ? L'explication est simple : les autres ne peuvent pas dire ce qu'ils pensent parce que leur avancement serait bloqué, leurs budgets supprimés et leur carrière brisée. Un phénomène analogue s'est produit en Union Soviètique à propos des élucubrations de Trofim Lyssenko qui réussit, grace à ses relations avec Staline, puis Khrouchtchev, à énoncer officiellement et à faire prendre pour vrais un certain nombre de postulats dont certains contredisaient les lois (connues à l'époque) de la génétique. Tous ces postulats constituaient une théorie officielle, qu'on n'avait pas le droit de contredire, et certains scientifiques qui osaient remettre la théorie officielle en cause furent envoyés au goulag. J'invite le lecteur attentif et sans parti pris (s'il en existe) à relire attentivement la page de Wikipedia déjà citée concernant les liens entre la Science et la Politique..

Il est anormal et inquiétant qu'on considère la parole du GIEC comme parole d'évangile qu'il est sacrilège de mettre en doute, et qu'on refuse de considérer les travaux de milliers de scientifiques sérieux et compétents comme Christy. Cette attitude n'est sûrement pas scientifique. Elle a par contre tous les caractères d'une religion, la religion du climat. Et ce n'est certainement pas vraiment bon pour la planète...

 


1 Pour une raison que j’avoue ne pas très bien saisir, le corps professoral dans son ensemble est très fortement impliqué dans la lutte contre le réchauffement climatique, et encourage donc la manifestation. Peut-être est-ce l’effet des directives ministérielles qui recommandent un endoctrinement « de la maternelle au supérieur » ou encore une tendance bien connue d’orientation vers la gauche de ce corps ?
2 J’en appelle à votre raison, mais je sais, en tant qu’ancien chercheur, qu’il est très difficile de faire des observations réellement objectives.
3 La méthode consistant à faire la moyenne des mesures de thermomètres répartis très inégalement à travers le monde n’est probablement pas la meilleure façon d’observer une évolution. La méthode des mesures satellitaires est probablement beaucoup plus fiable, car elle fait la moyenne de mesures bien mieux réparties géographiquement autour du Globe. (Mais ceci est une autre question…)
4 Et les 1 % restant de leur temps ne consiste toujours pas à faire des observations sur le terrain qui sont en fait réalisées par des non-climatologistes.
5 réfutable est la traduction de l'anglais "falsifiable" qui signifie que son énoncé peut être confirmé ou infirmé par l'expérimentation. 
6 pour ceux qui aiment la précision, il s'agit du run CIMP5 classiquement utilisé par les climatologues cités par le GIEC pour leurs calculs.