Lorsqu’on essaye de prendre un peu de recul, et qu’on examine avec un minimum d’esprit critique la pression énorme exercée par notre État sur un certain nombre d’aspects de notre vie, même très intime, on est saisi de vertige et d’effroi : oui, chez nous, l’État prétend nous guider, et même nous forcer dans un certain nombre d’attitudes,  et notre liberté, théoriquement sacrosainte et même inscrite dans la devise de notre pays au premier rang : "Liberté, Égalité, Fraternité" se trouve complètement bafouée, ignorée. Dans le cas de l’énergie, le citoyen n’a rien à dire. D’autres pensent à sa place,  Vous trouvez çà normal ? Moi pas.

La liberté, pour laquelle de nombreux de nos ancêtres se sont battus, est complètement remise en question au nom d’un principe fourre-tout bien pratique que l’on nomme l’Intérêt Général. Principe gardé d’ailleurs intentionnellement vague afin de permettre d’y faire rentrer tout ce qui arrange une intention, pas du tout vague, elle, mais délibérément occultée et jamais explicitée, parce que si elle l’était, elle soulèverait, du moins je le pense, une vague immense de protestation et d’indignation qui mènerait peut-être à une révolution.

Quelle est donc cette intention si bien dissimulée, et pourquoi l’est-elle ?

 

LES CARBURANTS FOSSILES NE SONT PAS ÉTERNELS

Tout d’abord, il faut comprendre que dans le domaine de l’énergie, et selon certains auteurs qui ont la faveur de notre Gouvernement, le monde est en train de se mettre plus ou moins volontairement dans une situation grave à cause du comportement du type « cigale » de certains habitants de la planète. En effet, la génération actuelle des pays dits développés brûle sans compter les carburants fossiles c’est à dire des dérivés du pétrole, essence, gazole et kérosène (le carburant des avions) pour assurer son confort, et même pour à peu près tous les aspects de sa vie de tous les jours. Malheureusement, les réserves en énergies fossiles étant forcément limitées, puisque seulement très lentement renouvelables, il est clair que l’on va arriver plus ou moins rapidement à une situation de pénurie d’abord, puis de manque absolu de ces carburants fossiles, ce qui sera une situation grave que les hommes1 de l’État se sont donné pour mission d’éviter absolument. Il faut donc, sans surtout affoler la population, réduire autant que faire se peut, la consommation de ces produits - ce qui explique le slogan qui fleurit actuellement sur les ondes de la radio d'État : "l'énergie est notre avenir : économisons la".


Il est cependant, nécessaire de vérifier la pertinence de cette analyse : si les carburants fossiles doivent effectivement être épuisés dans un avenir plus ou moins lointain, quel est l’intérêt réel à plus long terme des recommandations d’économie d’énergie qui aboutiront seulement à retarder d’un ou deux ans, voire dix ou cent ans, l’arrivée de la pénurie qui, elle, est de toutes les façons, inéluctable ? A priori, je n’en vois qu’un, et il n’est acceptable que dans une seule situation : que la pénurie arrive alors que les hommes1 de l’État actuel seront encore au pouvoir. Ils risqueraient alors effectivement de se voir reprochée leur imprévoyance, Mais à part cette situation, économiser les carburants fossiles ne me semble pas être d’un intérêt très grand. Cela ne changera pas l’arrivée de la pénurie. La seule solution est évidemment de remplacer les énergies fossiles par d’autres énergies qui subsisteront lorsque les dernières énergies fossiles seront devenues inaccessibles.

Mais, peut-être que nos hommes1 de l’État, dans leur grande sagesse, se sont rendus compte que l’éolien et le solaire qui sont les ersatz mis en place jusqu’à présent à grand coup de milliards d’euros de notre argent, n’arriveront jamais à remplacer complètement ces carburants fossiles si pratiques et si peu chers. Peut-être, mais c’est assez improbable…

Peut-être aussi que la vague de fond emportant tout sur son passage que constitue la mode du renouvelable, du naturel, de l’artisanal emporte, elles aussi, la prudence et la clairvoyance qui doivent être de mise en ce qui concerne l’avenir. Peut-être qu’individuellement chacun de nos hommes1 de l’État pense secrètement que cette politique est folle, mais que comme tous les autres semblent l’approuver, il s’agit de faire comme eux, ne serait-ce que pour conserver sa place… (J’élimine le sentiment d’humilité qui consisterait à penser « je n’ai peut-être pas tout compris » parce que d’après mon expérience, ce sentiment est assez peu répandu chez les hommes1 politiques.

En tout état de cause, il faut bien constater que ces fameuses énergies renouvelables n’existent que parce qu’elles sont largement subventionnées. Et même si les syndicats de producteurs affirment régulièrement que leurs coûts seront bientôt compétitifs, force est de constater que ces mêmes syndicats poussent des cris d’orfraies lorsqu’il est question de diminuer les subventions en prévenant qu'ils seront obligés de mettre la clef sous la porte. Et cette situation existe malheureusement dans tous les pays du monde. 

 

LAISSER DORMIR LES CARBURANTS FOSSILES DANS LEUR GISEMENT

Je vois beaucoup de doigts qui se sont levés (virtuellement) depuis un moment, et je vais enfin parler de la principale raison sans cesse évoquée, qui justifie la mise en place (très dispendieuse) des éoliennes et des panneaux solaires, Cette raison, c’est d’éviter d’ajouter dans l’atmosphère ce diabolique CO2 qui serait la cause d’une liste impressionnante de calamités, selon un grand nombre de personnalités scientifiques dont, je l’espère, l’unanimité n’est pas provoquée par le sentiment que j’évoquais plus haut pour les hommes1 politiques.

Cette raison est très respectable si l’on considère effectivement cette liste de catastrophes. Je dois cependant dire que je suis un peu étonné que la liste des événements provoqués par le réchauffement climatique consécutif aux émissions de CO2 ne comporte que des événements funestes, et pas un seul avantage : on devrait en conclure que la planète se trouvait donc miraculeusement en 1870 à une température optimale, ce qui est un point de vue assez arrogant note Michael Griffin (ancien patron de la NASA).

Les émissions de CO2 étant considérées par certains comme criminelles, ceux-ci proposent d’abandonner tout simplement l’extraction des carburants fossiles. Bien que ce genre de décision apparaisse assez suicidaire à certains, reconnaissons lui une certaine logique. Et d'ailleurs cela a déjà été mis en application, courageusement (ou stupidement, c'est selon) lorsque le Parlement français a voté l’interdiction de toute prospection nouvelle sur le sol français. Cette décision est en tous cas tellement surprenante si on la compare aux efforts constants du Gouvernement de l'époque pour trouver des sources sûres et à un bon prix de carburants fossiles,  qu’on est bien obligé de prêter un certain crédit à ceux qui prétendent que les agents de la Fédération de Russie sont derrière tout cela. Les enquêteurs savent bien en effet qu’il faut toujours chercher à qui le crime profite.

Et cette interdiction visant avant tout à ne pas produire de gaz de schiste en France est assez cocasse quand on constate que la France importe aujourd'hui du gaz de schiste et vient d'annoncer une augmentation sérieuse du prix du gaz.

Cependant, je crois que l’idée qu’il est possible de forcer le monde entier à laisser dormir sous terre tous les carburants fossiles qui s’y trouvent encore est particulièrement utopique. Elle est d'ailleurs aussi assez égoïste, et même, d'une certaine façon, inhumaine. En effet, le développement qui consiste pour les nations pauvres, à sortir peu à peu de la pauvreté, est lié d’une façon incontestable à une consommation d’énergie accessible à bon marché de plus en plus grande. Croyez-vous qu’à l’heure de l’Internet on puisse condamner une partie importante de l’humanité à stagner dans la misère ? Devra-t-on protéger les puits de pétrole abandonnés par les nations les plus fortunées en les entourant par un cordon militaire pour en empêcher l’accès et l’exploitation par des hommes1 moins fortunés qui ont compris depuis longtemps en observant le monde que pour sortir de la misère, il faut disposer d’une énergie abondante et bon marché ? Je crois que l’idée de laisser les carburants fossiles dans leur gisement est une idée parfaitement chimérique, et plutôt intéressée, puisque qu’elle consiste finalement à pérenniser le confort de quelques uns sans se soucier de celui des pauvres de la planète.

 

LA SENSIBILITÉ CLIMATIQUE

Il apparaît donc assez inéluctable que le CO2 continuera à croître inexorablement dans notre atmosphère, et qu’il faudra s’adapter tant bien que mal si la température doit augmenter à cause de ce funeste CO2, en espérant que les prédictions effroyables de certaines de nos têtes pensantes ont été peut-être un peu exagérées (« mais c’était dans une bonne intention » diront-t-elles pour s’excuser).

Remarquons à ce sujet, que les prévisions apocalyptiques qui nous sont sans cesse présentées sont toutes, sans exception, fondées sur la valeur d’un paramètre climatique qu’on appelle la sensibilité climatique qui est, par définition, la croissance de la température pour un doublement de la teneur atmosphérique en CO2. Or, cette sensibilité climatique dépend, parmi de nombreuses variables, du comportement des nuages, et il se trouve que les modèles climatiques ne savent pas bien reproduire ce comportement. La sensibilité climatique est donc connue avec une approximation importante. La valeur centrale actuellement admise par le GIEC est d’environ 3 °C. Mais elle pourrait aussi bien n’être en fait que de 1,5 °C, (ce qui signifierait qu’un doublement de la teneur en CO2 ne ferait augmenter la température moyenne que de 1,5 °C). Notons que dans ce cas, l’objectif fixé par la Conférence de Paris en 2015 (la COP21) pourrait être atteint sans effort, et serait qu’on ne dépasse pas la teneur en CO2 d’environ 600 ppm, ce qui paraît sans doute à la portée du monde actuel.

Par ailleurs, remarquons également qu'après être passées par un pic du au phénomène El Niño en 2016, les températures terrestres semblent maintenant vouloir reprendre leur stagnation qui dure maintenant depuis vingt ans, en contradiction complète avec ce que nous disent les modèles climatiques. Cette constatation, qui semble aller dans le sens d’une sensibilité climatique nettement plus faible que les 3 degrés officiels pourrait finalement amener une remise en cause douloureuse mais nécessaire de la doxa actuelle si elle se prolongeait encore quelques années. Certains auteurs, et non des moindres, soutiennent cette hypothèse. Judy Curry et Nicholas Lewis par exemple. En tous les cas, cette stagnation des températures met en évidence que la science n’est pas encore bouclée (« the Science is not settled » contrairement à ce qu’avait imprudemment affirmé Albert Gore).

 

L'INTERMITTENCE DES ENERGIES RENOUVELABLES

Les énergies dites renouvelables ont paru, à leur origine, être la solution que tous le monde attendait avec impatience : l’énergie du vent et celle du soleil sont gratuites disait-on alors, il suffit de les recueillir. Remarquons à ce sujet que celles du pétrole ou du gaz naturel dans leurs gisements sont également gratuites. Et il est apparu rapidement qu’il était plus facile de recueillir l’énergie du pétrole ou du gaz, qui offrent en même temps le conteneur d’énergie. En effet, l’énergie, quelle que soit sa source, doit encore être stockée après avoir été recueillie pour être utilisable au moment où l’on en a besoin qui n’est pas forcément le moment où on l'a recueillie. Le pétrole ou le gaz naturel peuvent être stockés facilement, ce qui n’est pas le cas pour l’énergie provenant des techniques dites renouvelables.

Ce problème de l’intermittence des énergies renouvelables a été délibérément ignoré au début du développement de ces énergies. Les têtes pensantes estimaient en effet que les systèmes de stockages théoriques : batteries, hydrogène par électrolyse de l’eau, hydrogène solide, volants d’inertie, cavernes d’air sous pression etc. seraient opérationnels au moment où le besoin (futur) s’en ferait sentir. Malheureusement, ce moment est arrivé pour les imprudents qui ont cru pouvoir se passer du nucléaire, et les moyens de stockage raisonnables n’existent toujours pas. Si bien que pendant les moments où les énergies renouvelables ne fournissent aucune énergie (absence de vent pour les éoliennes et nuit pour les panneaux solaires) on doit mettre en service rapidement (le vent est assez imprévisible) des moyens de fourniture d’énergie utilisant le pétrole, le gaz ou le nucléaire qui produisent (sauf le nucléaire) ce CO2 que l’on voulait éliminer. La preuve de cet état de fait ? L’Allemagne, qui s’est lancée à corps perdu dans la production d’énergie renouvelable produit à peu près toujours autant de CO2 que par le passé.

Pour être complet, il faut aussi mentionner les solutions à l'intermittence que proposent les experts du renouvelable. Tout d'abord, ils n'aiment le mot "intermittent" pour qualifier ces techniques. Ils préfèrent les qualifier de "variables". Quoique un système constitué par des panneaux solaires qui s'arrêtent de produire de l'énergie tous les soirs et redémarrent le lendemain s'il n'y a pas de nuages est, pour moi, plutôt intermittent, comme les intermittents du spectacle qui travaillent seulement s'ils ont des contrats. Je suggère le qualificatif  "aléatoire" pour être au plus près de la réalité. 

D'aucuns mettent en avant le "foisonnement" pour résoudre le problème des caprices du vent. Le foisonnement, c'est l'application du principe "il y a toujours du vent quelque part". Il suffit donc d'avoir une bonne interconnection du réseau pour résoudre le problème. Voire. Ce principe est faux. Il existe des jours où il n'y a pas de vent du tout en Europe. Et la foi, qui permet de marcher sur l'eau, ne donne malheureusement pas du vent les jours où il n'y en a pas.

D'autres proposent le stockage de l'énergie électrique dans des "STEPs"2. Les STEPs sont des réservoirs d'eau établis dans une vallée au moyen d'un barrage. Le système alternateur-turbine peut être réversible et pomper l'eau de l'aval vers le réservoir lorsque l'électricité est surabondante. Malheureusement, il faut des vallées pour y installer le système, et celui-ci est déjà installé là où c'était possible. Créer un nouveau barrage est aujourd'hui difficile à cause de l'opposition ardente des verts (voir le drame de Sivens). De toutes façons, compte tenu du problème réel à résoudre, les capacités existantes et possibles en France et ailleurs ne sont pas, et de loin, à la hauteur du problème à résoudre.

La solution radicale que certains proposent, c'est le contrôle de la consommation. S'il y a moins de courant disponible, gérons la pénurie : abaissons les températures des logements, arrêtons certaines usines ou certains ateliers, forçons l'industrie de la construction à isoler davantage les bâtiments. En un mot, contrôlons encore plus la vie des gens. Certaines de ces solutions sont déjà largement en oeuvre, et la tendance verte est assez favorable renforcer ces mesures. Pour ma part, j'estime, avec le regretté Président Pompidou qu'il est au contraire nécessaire d'arrêter d'emmerder les Français avec des mesures et des règles toujours plus contraignantes. Donnons leur plutôt des éléments leur permettant de décider eux-mêmes de leur futur au lieu de les infantiliser toujours plus. (Souhait peut-être très utopique, j'en conviens).

 

UNE ENERGIE ABONDANTE, SÛRE ET ECONOMIQUE

Arrivés à ce point de nos observations, on peut se demander si le remplacement des énergies fossiles par les énergies dites renouvelables ne constitue pas, en fait, une simple et vaste opération commerciale juteuse (pour certains) ou alors une simple erreur de casting. En effet, une énergie abondante, disponible à tous les instants, sûre et économique est déjà à notre disposition : c’est l’énergie nucléaire. Évidemment, un certain nombre de personnes éprouvent un sentiment de peur vis-à-vis de cette technologie. Cette peur leur a été inculquée patiemment et continuellement par des organisations dont les membres ont peur, eux aussi. Et chacun sait que la peur est mauvaise conseillère. Remarquons d'ailleurs à ce sujet que c’est chez les personnes les moins bien informées sur le nucléaire que se trouve le plus d’opposants. Les spécialistes, au contraire, et aussi les gens qui veulent bien s’informer honnêtement sur la question sont ou deviennent, très généralement, des partisans convaincus de ces techniques. Ainsi, James Hansen, l’initiateur des mesures contre le réchauffement climatique aux USA soutient maintenant ardemment le nucléaire.

Il est probable qu'une bonne information sur les enjeux énergétiques réels serait susceptible de créer un large consensus favorable au nucléaire basé sur la réflexion personnelle comme cela a longtemps été le cas en France.  Il est évident aussi qu'il ne faut pas ramener le choix d’utiliser ou non le nucléaire à une simple question législative « pour ou contre ». En effet, si nos parlementaires étaient amenés à légiférer sur cette simple question, on peut malheureusement parier que les ardents défenseurs, ainsi que les irréductibles opposants à ces techniques se chargeraient de soumettre les votants à une propagande aussi excessive que sans rapport avec la réalité, et que le résultat du vote ne montrerait ni plus ni moins que la puissance des lobbys concernés, et pas du tout l'opinion de personnes raisonnables et bien informées.

Il faudrait donc soumettre au vote : 1) les données du problème de l'énergie et 2) les solutions possibles. J’ai souligné « possible » parce qu’on peut se rendre compte en regardant autour de nous qu’un certain nombre de solutions à la mode au problème de l'énergie  sont, en fait, des problèmes non résolus. Je citerai, rapidement : le « tout renouvelable », l’hydrogène, et les batteries à forte capacité (disons plus de 1 kWh/kg) et charge rapide (disons 80 % en 2 minutes). Chacune de ces prétendues solutions se heurte, en fait à un mur non franchi pour le moment, et pour certaines, infranchissable. (J'aurai bientôt l'occasion de détailler ces murs technologiques).

La résolution sur la transition énergétique votée par les députés européens en février 2014 est exactement l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire : soumettre au vote un ensemble d'affirmations sans forcer les députés à une analyse précise et argumentée des conséquences prévisibles du vote, vote pratiqué dans un enthousiaste aussi débridé qu’irresponsable3. Il est dommage que l’on soit obligé, quelques années après cet affront fait à la France, de constater l’irréalisme des propositions, et les difficultés pour se sortir d’une situation devenue toujours plus irréaliste.

Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, l'amélioration du nucléaire apparaît comme la seule solution réaliste capable de faire face à la demande énergétique future prévisible, à la condition que les recherches actuelles sur les réacteurs de Génération IV4 et le projet ITER5 soient poursuivies et menées à leur terme. Ces deux projets sont en effet capables de produire, à terme raisonnable, une énergie abondante, sûre et bon marché pour tous. Mais il faut laisser aux chercheurs le temps nécessaire pour amener leurs recherches au stade industriel. L'acceptation, par la France, en février 2014 de la réduction programmée du nucléaire a été une catastrophe, et la conviction du Ministre actuel concernant le nucléaire nous conduirait à une situation inacceptable si elles étaient appliquées. La France est aujourd'hui de loin le pays d'Europe qui produit le moins de CO2 par kilowattheure d'électricité. Elle a fait les efforts que les autres n'ont pas fait. Il est temps que les responsables modifient la loi de transition énergétique qui nous amène droit dans le mur en forçant le pourcentage de nucléaire vers une disparition à terme de celui-ci. La transition énergétique, la France l'a réalisée il y a cinquante ans en construisant ses réacteurs nucléaires. Les autres pays d'Europe n'ont pas à lui imposer des mesures pour sortir d'une situation dans laquelle elle ne se trouve pas. La question actuelle n’est pas « le nucléaire ou non », mais plutôt : « le nucléaire, comment ? »

 

 EN GUISE DE CONCLUSION

Après ce très rapide tour d’horizon concernant les problèmes actuels et futurs de l’énergie, reposons-nous la question initiale : Que reste-il maintenant de la justification de l'intentions des hommes1 de l’État qui nous proposent de limiter nos consommations d’énergie ?

Honnêtement, à peu près rien. Aujourd’hui, le problème posé reste entier si le nucléaire actuel était abandonné : aucune nation, dans le monde, sauf situation géographique exceptionnelle comme c’est le cas pour certains pays du Nord de l’Europe n’est capable de produire l’énergie qui lui est indispensable s’il décide de se passer à la fois du nucléaire et des énergies fossiles. Il est donc grand temps pour les hommes1 qui nous gouvernent de sortir des positions dogmatiques qui leur ont apparemment dicté jusqu’à présent des décisions qui apparaissent de plus en plus irréalistes, et de prendre les mesures qui assureront un futur acceptable à nos petits-enfants. En effet, la construction de centrales nouvelles de la Génération IV ou du projet ITER prendra des dizaines d’années, et les conditions de sécurité qui doivent être absolument assurées, doivent être étudiées avec soin, ce qui prendra aussi un temps long.

Il est étonnant, et même très inquiétant que nos politiques, poussés par un expert ancien moniteur de voile, se montrent plein d'enthousiasme sur les difficultés à résoudre concernant le stockage de l'énergie pour produire leurs plans à long terme exclusivement fondés sur le développement du renouvelable et restent sceptiques sur les difficultés à résoudre concernant l'énergie nucléaire qui apparaissent pourtant comme beaucoup moins aléatoires à tous les scientifiques que je connais. (Ou alors, c'est que nos politiques n'ont pas bien assimilé les données du problème). Cette attitude semble montrer que le dogmatisme l'emporte actuellement sur la raison, ce qui ne laisse pas d'être terriblement inquiétant lorsque l'on sait que c'est l'avenir de nos petits-enfants qui est en jeu. Espérons que cet obscurantisme ne se traduira que par une perte de l'avance que la France possédait dans le domaine nucléaire. Décidément, la prévision est un art difficile surtout quand elle concerne l'avenir6.  

L’énergie est notre avenir. Mais dans l'avenir, nous auront peut-être bien toute l'énergie dont nous aurons besoin sans avoir eu à l'économiser.

 
(1) Pour alléger le texte, le mot « hommes » désigne les hommes et les femmes (et accessoirement les enfants, dans certains cas). Je ne voudrais pas être taxé d'antiféminisme, ça me mettrait mal avec mon épouse, mes filles et mes petites-filles.
(2) STEP : Station de Transfert d'Energie par Pompage-turbinage.
(3) Lire à ce sujet les réflexions pleines de bon sens de Gustave le Bon in Psychologie des foules  ou comment des décisions contre leurs propres intérêts  peuvent être prises par des élus dans le feu de l'action parlementaire.
(4) Les réacteurs nucléaires sont habituellement  classés en groupes qu'on appelle "génération" suivi d'un numéro qui décrit des technologies qui se sont succédées dans le temps. Tous les réacteurs industriels en service ou en construction dans le monde appartiennent à la Génération III. La Génération IV, dernière en date, comprend une série de technologies nouvelles qui représentent toutes une rupture technologique importante par rapport aux trois premières générations.
(5)  Le Projet ITER est un important projet de recherche basé en France à Cadarache, financé par 35 pays dans le monde. Il étudie la possibilité d'utiliser la fusion nucléaire (base de l'énergie produite par le soleil et les étoiles) pour la production d'énergie. Quand ce projet sera devenu industriel, il est certain que le problème de l'énergie ne se posera plus du tout de la même façon dans le monde. Cependant, objectivement, on ne connait pas aujourd'hui avec précision la date de son avènement. Il est néanmoins plus que probable qu'il se produira avant la fin du siècle, et peut-être bien avant  2050.
(6) Citation qu'Internet attribue à Pierre Dac, Mark Twain Tristan Bernard ou Niels Bohr. Connue aussi comme proverbe danois.

Commentaires   

# scaletrans 12-07-2018 07:48
Excellent article mais une petite remarque: lorsque je veux diffuser le lien vers un de vos articles, je tombe toujours sur la même adresse qui est celle de l'accueil, si bien que le correspondant risque de tomber sur un autre article.
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# Pierre-Ernest 16-07-2018 20:50
Remarque.intéressante.
Je n'avais jamais remarqué moi-même que le lien de l'article situé en page d'accueil ne comportait pas de référence à l'article lui-même. Mais je viens de vérifier que les autres articles que l'on atteint par le menu de gauche titré "Tous les articles" ont une adresse qui comporte bien leur nom (ou plutôt leur alias).
Donc, si vous êtes sur un article et que vous en copiez l'adresse (en haut de l'article), celle-ci comporte bien l'alias de l'article (je viens de le vérifier).
Ou alors, je n'ai pas bien compris votre point de départ. Pouvez-vous vérifier ?
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