Et pour lesquels nos politiques sont unanimes à blâmer durement le Président américain 

les accords de paris 1496662166WEB

Grande déception (apparente) du monde (surtout français) après l'annonce sur le refus de Trump de poursuivre les engagements "climat" de son prédécesseur. Nos deux ex-vedettes de la COP21 auraient très certainement pu tenter une sortie (de l'oubli) en réagissant haut et fort avec l'aide complaisante des médias. Il est vrai qu'une occasion aussi inespérée de s'extirper d'un oubli inexorable ne se représentera sans doute jamais ; cependant :

  • pour Laurent dit Fafa, atteint par la limite d'âge, et maintenant Président du Conseil Constitutionnel, mieux vaut peut-être consacrer son énergie résiduelle à la recherche d'une maison d'accueil afin d'utiliser à bon escient ses confortables et diverses retraites du public  ainsi que ses autres revenus en provenance de la maison de vente aux enchères Piasa dont il est l'actionnaire principal à 42 %.

 

  •  Pour Marie-Ségolène, qui souhaitait aussi bien sûr continuer à toucher de l'argent public, mais dont la candidature à la direction du PNUD a été écartée, aventure d'ailleurs peu commentées par les médias français, cette position du Président de la plus puissante nation du monde aurait pu constituer peut-être une planche de salut inespérée si elle avait su l'exploiter correctement en commentant habilement la situation. Le problème, c'est que pour élaborer un commentaire adéquat, elle avait sans doute un besoin impérieux de nègres, et que ceux-ci étaient déjà partis vers des prairies plus verdoyantes, la laissant seule dans une cruelle désertitude... Par ailleurs, il faut aussi dire que sa prise de position récente sur le fait que Trump ne pouvait certainement pas dénoncer l'Accord de Paris ne la mettait peut-être pas exactement en position favorable pour commenter la suite de l'affaire...  Souhaitons que sa nomination récente comme Ambassadrice de France pour les pôles arctique et antarctique, titre qui semble avoir été inventé pour les personnages de son acabit,  puisse satisfaire l'ego surdimensionné de la Dame au caméras
President Trump
origine : canoe.ca

Mais au fait, quels sont précisément les engagements de l'Accord auxquels Trump entend se soustraire, conformément d'ailleurs à ses déclarations durant la campagne électorale ?

Comme les autres pays signataires de l'Accord de Paris (nom donné à la COP21 dans les pays étrangers), les USA, comme les autres pays parties prenantes de l'Accord ont envoyé au secrétariat de la COP21 un document dans lequel ils indiquent leurs prévisions d'émissions de gaz à effet de serre pour le futur. J'ai bien dit "indiquent", car chacun des pays était libre de mettre les chiffres qu'ils voulaient, sans aucune contrainte. Evidemment, le document des USA, comme les autres, est arrangé de telle sorte que le lecteur peu informé ait l'impression qu'il s'agit de gros efforts... Mais vous lecteur qui êtes bien au courant, vous savez bien, puisque vous avez lu cet article, que les "engagements des USA ne sont qu'une entourloupe du si populaire ex-Président Obama. En effet, les émissions de gaz à effet de serre doivent bien diminuer d'après le document américain, de 28 % entre 2005 et 2025, mais c'est les émissions par habitant ! Comme il est prévu par ailleurs que la population américaine croisse de 305 à 357 millions d'habitants entre 2005 et 2035, l'effort n'est en fait que d'environ 8 %, et correspond au remplacement d'une partie de l'utilisation du charbon dans les centrales thermiques américaines par le gaz de schiste !

Çà me rappelle l'histoire du couple qui se fait arrêter à 130 km/h sur une portion de route limitée à 90 km/h et au conducteur qui répond au policier : "je croyais que c'était 90 km/h par personne..."

Bon. On voit donc que Trump ne change en pratique à peu près rien à ne pas respecter ses engagements qui n'en étaient pas. Mais voyons donc la suite de l'Accord.

L'accord vise essentiellement à "riposter à la menace du changement climatique en contenant l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C par rapport aux niveaux  préindustriels". Ce premier paragraphe a quelque chose de touchant dans sa candeur : en somme, il suffirait que chacun des pays tourne le thermostat national du climat jusqu'à la position 2°C ou 1,5°C pour que tous les problèmes soient réglés ! Décidément, les politiques possèdent l'art du raccourci ! 

Seulement, scientifiquement, il y a un gros problème : en fait, on ne connaît pas bien l'influence des variations de la concentration atmosphérique du CO2 1 sur la température.

Sensibilité climatique
Graphique 1 
Visualisation des valeurs possibles de la sensibilité climatique. (D'après le GIEC). 

Cette influence est caractérisée par une grandeur appelée sensibilité climatique qui peut être représentée par l'élévation de température qui correspond à un doublement de la concentration atmosphérique du CO2. Cette sensibilité n'est connue qu'avec une grande incertitude relative, comme le montre le graphique 1 ci-dessus.

Ce graphique exprime les chances (en %) qu'a la sensibilité climatique de se trouver à la valeur indiquée en abscisse. Par exemple, il y a environ 25 % de chances pour que la sensibilité se trouve entre 2 et 2,5°C, et un peu plus de 40 % de chances qu'elle se trouve comprise entre 3 et 3,5°C. La mesure de la hauteur relative des chandelles composant le graphique ci-contre nous indique que la probabilité pour que la sensibilité climatique du CO2 soit comprise entre la valeur "2°C" et la valeur "8°C" est d'environ 96 %.

La note N°1 ci-dessous explique avec plus de détails les conséquences directes sur l'Accord de Paris, du fait que la sensibilité climatique n'est connue qu'avec une incertitude assez grande.

Tous les cinq ans, un nouveau document concernant leurs réalisations et les améliorations (obligatoires) par rapport aux engagements précédents, doit être fourni par chaque pays. C'est probablement ce type d'engagement qui a pesé le plus dans la décision du Président Trump de se dégager de cet Accord. En effet, un engagement de ce type n'est plus du ressort du Président d'après la constitution américaine, mais du Congrès, puisqu'il porte sur le futur, au-delà de la mandature du Président. La signature des représentants américains à la COP21 aurait, de toutes façons été contestée par les Républicains, majoritaires dans les deux Chambres si le Président n'avait pas décidé de se retirer de l'Accord.

Les sanctions prévues en cas de manquement aux obligations de chaque pays ont été supprimée du texte définitif, chose que  Fafa semble avoir oubliée lorsqu'il a parlé, après la signature, d'accord "juridiquement contraignant". Car, si ces sanctions ont été supprimées, c'est pour une bonne raison : le Secrétaire d'Etat américain John Kerry avait prévenu avant la COP21 que les USA ne signeraient pas un accord de ce genre. Le +2 dans la hiérarchie gouvernementale du bon Fafa a dû manger son chapeau...

La mise en place d'un fond de 100 Milliards de dollars à l'origine est également demandée dans l'Accord. Ce fond a pour objectif est de venir en aide aux pays émergeants afin qu'ils puissent assurer leur développement par la mise en œuvre de moyens "verts", essentiellement énergies éolienne et solaire. Ce fond est prévu d'être alimenté par les pays "riches". La liste des pays payeurs et des pays receveurs n'est pas précisée dans l'Accord, non plus que les modalités de financement par les pays riches et de répartition pour les pays pauvres. Il est clair que les USA auraient été classé dans les pays riches. Mais quid des pays "à la marge" ? Le Brésil ou la Chine sont-ils à classer dans les pays riches ? La France, pays "riche" a déjà proclamé qu'elle consacrait 5 milliards de dollars par an à ce fond. Va-t-on de nouveau demander au Ministère de la Défense de renoncer à un milliard de plus pour boucler le nouveau budget tenant compte des engagements  du Président précédent pour alimenter ce fond ? Merveille d'imprécision et d'inexactitudes cet Accord servira bientôt de pain quotidien à une nuée d'avocats internationaux.

La transparence des comptes de toutes les nations est également demandée par l'Accord dans leur comptabilité d'émissions de gaz à effet de serre. Comme il n'est pas prévu de sanction, on peut toujours la demander, mais on est évident que certains pays la refuseront dans les faits. Ou alors, comme la Chine, ils donneront les chiffres qui les arrangent...

Finalement, la sortie de l'accord de Paris ne change pas grand chose en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre : les USA ont un plan de consommation de carburants fossiles qui ne changera pas ou pas beaucoup pour les années à venir, puisqu'il ne dépendait pas, en fait, au moment où il a été élaboré, du fameux accord.

La sortie de l'accord conduit, pour les USA, à ne plus communiquer directement aux instances de la COP21, les informations concernant leurs émissions de GES - que par ailleurs n'importe qui peut très facilement retrouver sur Internet.  Donc, aucun changement réel.

Le seul changement - et il est de taille - c'est que les USA se retirent de l'obligation d'abonder au plan des 100 milliards de dollars annuels. On peut penser que les USA auraient été les plus larges contributeurs à ce plan, et ça, c'est une très mauvaise nouvelle pour les pays européens, ardents défenseurs du plan, et pour la France en particulier. Notre hélicologiste de Ministre de la transition écologique et solidaire devra, tôt ou tard, expliquer aux Français ce que signifie exactement le coté solidaire de son Ministère...

 

 

(1) En fait, il faudrait parler de l'ensemble des gaz à effet de serre et non pas seulement du CO2, mais le raisonnement employé pour le CO2 est évidemment valable pour tous les gaz à effet de serre.
Note 1 - Sensibilité climatique 
L'accord de Paris fixe une élévation de température à ne pas dépasser, entre une valeur maximum (2°C) et une valeur fortement recommandée (1,5°C). Cependant, les parties qui ont signé cet accord sont maintenues dans l'ignorance  de ce que ces valeurs signifient du point de vue des émissions de carbone (CO2). Elles ignorent donc en définitive, quels sont les efforts auxquels elles devront se soumettre, étant entendu que les efforts précèderont de très loin le résultat final, et que l'on ne pourra donc pas contrôler que ceux-ci sont bien efficaces. D'aucuns pourraient mêmes avancer que cet accord a été quelque peu signé à la légère par les parties. Je me contenterai pour ma part, d'essayer de préciser quelques points techniques de l'Accord...
Nous avons vu dans le texte ci-dessus que la sensibilité climatique pouvait être définie comme le réchauffement total (après équilibre) obtenu par le doublement de la concentration atmosphérique en CO2.
PPM Sensibilité
Graphique 2 (cliquer pour agrandir)
Abaque de l'augmentation des températures en fonction de la concentration atmosphérique en CO2 pour différents valeurs de la sensibilité climatique. 
Cette définition repose sur le fait (admis en général) que cet effet est logarithmique, c'est à dire qu'on peut écrire :
log(C2/C1) = K*Δt         (1)                 avec :
C2 et C1 = concentration atmosphérique finale et initiale en CO2 (avant l'époque industrielle, on prendra C1 = 300 ppm).
K = coefficient d'unités, et 
Δt = élévation de température .
Au doublement des concentrations en GES (C2 = 2 C1) on a :
Δt = S        (S = sensibilité climatique).
Ce qui permet de calculer la valeur de K
K = log(C2/C1)/S             et donc :                   K = log(2)/S
L'abaque ci-contre construit à partir de la formule (1)  donne la valeur de l'augmentation de température (Δt) en fonction de la concentration atmosphérique en CO2 pour les différentes sensibilités climatiques probables telles qu'elles figurent au graphique ci-dessus.
La zone mauve ABCD du graphique 2 ci-contre représente la valeur de la concentration finale en CO2 imposée par l'Accord de Paris, mais en tenant compte des incertitudes sur les données : de 1,5°C à 2 °C pour ce qui concerne la limite "tolérée" de réchauffement,  et surtout incertitude sur la sensibilité climatique. Notons que la concentration atmosphérique en CO2 réelle est déjà à plus de 400 ppm, ce qui limite la zone d'incertitude à la partie du polygone ABCD située à droite de la verticale 400 ppm.
Conséquences
  • si la sensibilité climatique est supérieure à 5°C (≈ 20 % de chances) il n'existe aucune mesure concernant les émissions de CO2, susceptible de limiter l'augmentation de température à moins de 2°C. L'Accord de Paris ne sert donc à rien (!).
  • si la sensibilité climatique est inférieure à 5 °C (≈ 80 % de chances) l'effort demandé à l'ensemble des parties consiste à maintenir la concentration atmosphérique en CO2 entre 400 ppm et 600 ppm sachant qu'à partir du moment où l'on a atteint les 500 ppm de CO2 atmosphérique, les 1,5°C ne sont plus atteignables .
On peut se poser la question de savoir si toutes les parties auraient signé si elles avaient eu une connaissance réelle de ces deux conséquences.