Les habits neufs de lEmpereur

L'observation attentive de l'évolution des températures terrestres réserve quelques surprises

Les températures de la basse atmosphère mesurées par les satellites et exploitées par l’Université d’Alabama à Huntsville (UAH) s’affranchissent des biais des températures de surface (relief, zones terrestres peu ou pas couvertes) et l’évolution de leur moyenne est probablement un reflet le plus fidèle possible de l’évolution des températures globales. L’orbite des satellites en question passe systématiquement au-dessus des pôles en se décalant à chaque tour, réalisant finalement un survol complet et homogène de toutes les zones de la surface terrestre. Ce survol permet une couverture beaucoup plus homogène que celle apportée par les stations terrestres.

Les mesures satellitaires sont régulièrement critiquées par les carbocentristes car elles donnent des valeurs qui ne correspondent pas exactement à la doxa réchauffiste (ce qui les rend d’autant sympathiques pour le climatosceptiques…). Cela ne les empêche d'ailleurs pas d'accepter sans aucune réticence les températures de surface de la mer qui proviennent pourtant pour une part, des mesures satellitaires...  

Dans l’ancienne édition de ClimatDeTerreur.info, j’ai reproduit, tous les mois, le graphique des températures de la basse atmosphère réalisé et tenu à jour par Roy Spencer. Dans la présente édition, j’ai préféré réaliser moi-même le graphique à partir des données publiées chaque mois par l’Université de l’Alabama. Voici ce graphique :

UAH mar 2018
Graphique 1 mis à jour le 8 mars 2018

Les écarts de température représenté en ordonnées sur le graphique par les points de la courbe sont la différence entre la moyenne des températures réelles mesurées, et la température moyenne calculée sur la période 1981 – 2010 (30 ans) pour le mois correspondant. Il est important de savoir que les périodes de référence des différents organismes publiant des données de température ne sont pas forcément identiques. Les valeurs des écarts (appelés souvent « anomalies » comme s’il existait une température réglementaire « normale ») sont donc différentes suivant les organismes qui publient, sans que cela signifie nécessairement que les températures mesurées sont différentes.

On peut observer, sur ce graphique, une montée rapide des moyennes de température depuis le mois de mai 2015, culminant au mois de février 2016 et redescendant ensuite rapidement. C’est le phénomène nommé El Niño qui correspond à cette montée brutale des températures, et qui est accompagné par une série d’autre phénomènes météorologiques (pression, température de la mer) de portée globale[i]

Autre observation : 

La température moyenne obtenue à partir des stations terrestres fait traditionnellement la une des grand médias parce qu’elle est considérée comme une valeur simple et facile à comprendre pour tout le monde. C’est cependant une valeur entachée de nombreux défauts qui sont tels qu’il est peu pertinent de lui attacher une importance quelconque. En effet :

  • La répartition des stations de mesure de température à la surface de la terre est très loin d’être homogène. Par exemple, le nombre de stations de mesures aux USA est d’environ 1 200, alors que le nombre total des stations dans le monde est de 7 200 environ. Les USA représentent donc 1 200/7 200*100 = 17 % des points de mesure alors que la surface des USA ne représente qu’environ 2 % de la surface du globe (Hansen 2001).
  • Certaines régions du globe ne sont pas couvertes du tout ou couvertes par un nombre très petit de stations par rapport à leur surface. Les températures sont donc extrapolées sur des distances pouvant aller jusqu’à 1 200 km (GISS).
  • L’altitude des différents points de mesure n’est pas prise en compte. Or, les températures mesurées à la surface du globe sont prises conventionnellement au-dessus du sol à une hauteur de 1 à 2 m. C’est donc la température de l’atmosphère qui est, en fait, mesurée. La température étant une grandeur intensive, c’est en fait l’énergie liée à la température qui est tacitement considérée lorsqu’on en fait la moyenne. Or, l’énergie en question est elle-même liée à la masse spécifique de l’air, et donc à l’altitude du point de mesure.

La surface de la mer représente plus de 70 % de la surface du globe. Sa température est mesurée par des bateaux sillonnant en permanence les océans, par des satellites munis de radiomètres qui mesurent la température par la mesure de l’émission infrarouge des premiers millimètres de la surface, et enfin par une série récente et importante de bouées, les bouées du projet ARGO. Ces mesures peuvent être comparées entre elles et servir au calcul bien plus rationnel d’une moyenne à altitude constante, fiable et plus significative que la moyenne des températures terrestres.

Le graphique suivant représente l’évolution des températures de surface marines (SST[ii]) publiée par la NOAA :

SST mars 2018
Graphique 2 mis à jour le 8 mars 2018

 

La NOAA publie les valeurs moyennes des températures calculées sur une période de 7 jours. Son site peut calculer à la demande la moyenne globale hebdomadaire des SSTs qui a été utilisée pour construire le graphique ci-dessus

Ci-dessous, le graphique complet des moyennes hebdomadaires des SST de la NOAA (Le premier graphique ci-dessus ne représente les valeurs que depuis janvier 2016, il correspond au rectangle bleu en haut et à droite du graphique suivant).

SST Hebdo mars 2018
Graphique 3 mis à jour le 8 mars 2018

 

L'examen de ces deux derniers graphiques amène quelques réflexions :

Tout d'abord, en dépit des différents bidouillages auxquels s'est livrée la NOAA, la période 1998 - 2014 ne montre bien aucune élévation significative de la température de surface de la mer. C'est le fameux "hiatus", si contesté par la presse bien pensante (Foucart, Huet). Cependant, le phénomène El Niño a été curieusement précédé d'une montée régulière (quoique en dents de scie) des SST entre 2013 et 2015 (graphique 3).

L'évolution des températures de surface de la mer (SST) représentée ci-dessous montre bien l'arrivée progressive du phénomène El Niño culminant au mois d'août 2016, puis son extinction progressive jusqu'à aujourd'hui. Les droites en pointillé représentent chacune les régressions linéaires des valeurs d'anomalies respectivement avant et après le mois d'août 2016. Leurs pentes sont à peu près égales en valeur absolue, mais de signes opposés.

El Nino 2016

A l'époque de ce phénomène, les températures ont atteint un maximum qui a fait déclarer par les journaux unanimes que l'année 2016 battait des records de température, ce qui confirmait évidemment l'hypothèse du réchauffement-climatique-complètement-causé-par-les-émissions-anthropiques-de-CO2. L'année 2017 a été aussi impactée par le phénomène, mais, comme on était en phase de descente, pas assez pour que 2017 batte encore des records. On peut penser, avec de bonnes chances d'être exact, que l'année 2018 sera elle aussi peu probante en ce qui concerne le réchauffement climatique. Mais évidemment aussi, les mêmes journaux trouveront des explications très plausibles qui montreront que le réchauffement est toujours là, même s'il se cache... 

Quelques publications récentes semblent vouloir remettre en question avec des arguments sérieux un certain nombre de dogmes qui semblaient pourtant bien établis : il est possible que d'ici quelques années, on commence à admettre que ce fameux réchauffement climatique n'est peut-être pas causé uniquement par le CO2 d'origine anthropique comme les prêtres de la religion réchauffiste l'enseignent à leurs fidèles. Si les choses se passent ainsi, il est probable que l'on assistera à une remise en cause totale de principes concernant notre mode de vie qui semblaient pourtant solidement implantés. "Qui vivra verra" dit le proverbe. A l'automne de la vie, cette sentence revêt une coloration très particulière. N'est-ce pas amis septua, octo ou nonagénaires ?

Commentaires   

# Pammo 13-02-2017 20:15
"appelés souvent « anomalies » comme s’il existait une température réglementaire « normale »"
Trouvez-moi UNE seule référence qui attribue à "normale" le sens de "température réglementaire" !
Vous êtes un escroc. En tant que chimiste vous devriez savoir que le sens sémantique de "normale" signifie "moyenne" et que c'est pour cette raison que les différents institut peuvent prendre différences périodes de référence.
Il s'agit juste d'un décalage sur l'axe des Y
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# Candide 19-02-2017 17:02
C'est vous qui êtes un escroc. Vous inventez un "sens sémantique" qui vous arrange. Il semble bien que vous ignoriez le second degré, ce qui vous empêche de saisir l'humour du qualificatif "règlementaire" que Pierre-Ernest prête aux inventeurs du mot "anomalies".
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# Pammo 13-02-2017 20:20
"C’est donc la température de l’atmosphère qui est, en fait, mesurée."
Mensonge. C'est la température de là où l'on vit qui est mesurée.
Les satellites, eux, mesurent la température de l'atmosphère
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# Candide 19-02-2017 17:05
Apparemment, vous avez un problème avec la logique. "la température de là ou l'on vit" n'a aucun sens scientifique.
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# Pammo 13-02-2017 20:24
Outre le fait de nous montrer que vous savez utiliser Excel, qu'elle est la conclusion ?

Montrez nous donc la série COMPLETE des températures où l'on voit que l'extraordinaire El nino 1998 a produit des températures plus faibles que ce petit El Nino mou du genoux de 2015.
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# Pierre-Ernest 04-05-2017 22:32
Suite à la demande de Pammo, je reproduis ci-dessous la série complète des températures de la basse atmosphère dans le graphique ci-dessous :


Cliquer sur le lien ci-dessous pour voir l'image non comprimée :
www.climatdeterreur.info/basse-atmosphere.png
Il apparaît que les affirmations péremptoires de ce monsieur sont complètement fausses...

note : les données de température par satellite commencent en 1979.
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