raindrops

Arnaud Montebourg, petit avocat n'ayant jamais pu entrer à l'ENA parce qu'il avait échoué à l'examen d'entrée, fustige durement le groupe PSA et prétend "analyser et discuter la stratégie du groupe PSA" avec le Président du Directoire de PSA... Ce serait comique si les implications de cette attitude hautaine et des décisions prises à cette occasion ne risquaient pas de mettre à terme à genoux une entreprise dont le seul tort est d'avoir pratiqué le patriotisme industriel.

Examinons simplement la situation de PSA, et, plus généralement, la situation de l'industrie automobile en France  et en Europe :

Depuis des décennies, les groupes de pression écolos s'efforcent de ruiner la position de la voiture individuelle au profit de modes de transport plus conformes à la pensée collectiviste.

Tous les moyens sont bons pour faire tomber de sa position insolente ce moyen de locomotion individuel et forcément individualiste :

  • les rues des villes ont été systématiquement rétrécies au profit de couloirs d'autobus ou de lignes de tramway.
  • Le prix des carburant a été assorti d'une taxe qui fait oublier le prix réel du produit pétrolier contenu lorsqu'on passe à la pompe. 
  • La voiture a été accusée de provoquer la mort prématurée de centaines de milliers d'innocents, à cause des produits émis par les pots d'échappement.
  • Plus sournoisement : en cas de "pic d'ozone", la vitesse des véhicules doit être réduite, ce qui diminue évidemment l'intérêt de la voiture. La raison est belle et grande (diminuer la pollution par l'ozone) mais considérée comme inutile et inefficace par différentes études.
  • Plus insidieusement encore : l'emploi, par certaines administrations, de termes choisis comme "circulation douce" pour parler de tout ce qui n'est pas automobile induit le citoyen de façon quasi subliminale à penser que le mode de circulation impliqué par la voiture est un mode "dur" et donc à éliminer.
  • etc...

Evidemment, à force de combattre ce moyen de locomotion pour des raisons diverses, le résultat arrive : la demande baisse, et les usines de production ferment, en commençant évidemment par les moins rentables. Et il n'est point besoin de chercher ailleurs les raisons des malheurs des chômeurs en puissance des usines françaises du groupe PSA :  leurs amis écolos ont encore frappé...

Pour en revenir maintenant aux "solutions" proposées par notre surdoué Ministre, c'est à pleurer : on dépense encore un peu plus d'argent pour favoriser l'essor d'un "machin" qui a fait la preuve de son inefficacité, j'ai nommé la "voiture électrique". 

Evidemment, Monsieur Montebourg connaît le sujet 'ou du moins la partie public relation du sujet, puisqu'en tant que porte-parole de la candidate malheureuse de l'avant-dernière élection présidentielle, Ségolène Royal, il a participé au "sauvetage" de l'entreprise Heuliez qui avait le malheur d'avoir choisi comme stratégie le développement d'un canard boiteux, mais le bonheur de se trouver en Région Poitou-Charente. Cette dernière situation a valu à l'entreprise d'être "sauvée"  par une prise de participation de la Région Poitou-Charente ainsi que par la fourniture de "garanties d'achat futur" de ces fameux véhicules miracles. Plus tard, en 2010, l'entreprise a de nouveau failli être "sauvée" par un investisseur turc... et le roman n'est certainement pas terminé.

Le problème que la voiture électrique doit résoudre pour pouvoir se développer est pourtant simple : il s'agit de trouver une batterie légère, pas chère, capable de supporter un grand nombre de charges /décharges, et surtout de posséder une densité énergétique suffisante.

Or, cette batterie n'existe pas actuellement. Il faut donc la trouver. Le malheur, c'est qu'au lieu de confier la tâche à des spécialistes du stockage de l'électricité, on la confie systématiquement à des non-spécialistes, c'est à dire à des constructeurs d'automobiles. (ou plutôt, on attend systématiquement que la solution vienne des constructeurs d'automobiles). La conséquence est évidente : les progrès, dans ce domaine, sont quasiment inexistants.

Maintenant, et c'est là la deuxième grossière erreur de stratégie de Monsieur Montebourg, même si tous les problèmes politiques et techniques se trouvaient miraculeusement résolus d'un coup de baguette magique, cela ne redonnerait pas du travail aux chaînes de montage d'Aulnay sous Bois, et c'est là que se situe le tour de passe passe politicien qui tend à faire croire en l'efficacité du dispositif mis en place.
En effet, quel est la recette miracle du succès des constructeurs allemands ? certainement pas la voiture électrique : ça se verrait sur nos routes. Or, les grosses berlines noires que l'on y voit ne sont pas, que je sache, propulsée à l'électricité.
Et quelle est la recette miracle des constructeurs coréens qui arrivent à exporter des voitures vers la Chine et vers l'Europe ? Certainement pas non plus la voiture électrique : cela se saurait.

Ce que nous voyons se développer sous nos yeux, c'est un nouvel exemple de la grande illusion du produit vert. Seulement, cette fois, cette grande illusion a un prix que tout le monde peut voir et qui se caractérise par une dizaine de milliers de licenciements au nom d'un principe stupide.

A cause des positions hautaines et dogmatiques de Monsieur Montebourg, qui, s'il pouvait encore douter de ses capacités avant d'être nommé Ministre, n'a plus aucun doute aujourd'hui à ce sujet , lorsqu'on écrira l'histoire de la cinquième République et de ses trouvailles verbales, le Ministère du Redressement Productif pourrait bien changer de nom et s'appeler le Ministère de l'Illusion Improductive.

2012