Peu de personnes savent qu'il y a 2 milliards d'années, au Gabon, à Oklo, dans le Haut-Ogooué, s'est produit un phénomène unique au monde : la fission naturelle du noyau atomique :


Les conditions locales ont fait que des quantités d'uranium 235 se sont trouvées rassemblées en quantité suffisante pour amorcer une réaction en chaîne "contrôlée" analogue à celle qui se produit dans les centrales nucléaires modernes.

Il y a deux milliards d'années, un minerai d'uranium contenait environ 3,5 % d'isotope 235, c'est-à-dire une concentration voisine de celle du combustible enrichi d'un réacteur nucléaire moderne, si bien que le gisement d'uranium d'Oklo au Gabon a pu fonctionner comme un réacteur moyennant un environnement favorable. De l'eau a joué le rôle de modérateur.

Ces réacteurs naturels - dont plusieurs ont fonctionné sur le site - ne sauraient être comparés à leurs homologues construits par l'homme qui tournent à pleine puissance pendant quelques décennies. À Oklo, les réactions de fission se sont produites au ralenti pendant près de 100 000 ans, comme un feu qui couve.

Mais le site d'Oklo offre un exemple unique pour l'étude des possibles migrations de matières radioactives confinées dans un environnement géologique, comme ce sera le cas pour les stockages de résidus nucéaires, actuellement en préparation. L'objection classique des écologistes contre les stockages souterrains, c'est que les produits radioactifs stockés pourraient migrer sous l'influence d'un lessivage occasionné par une circulation d'eau, bien que les sites de stockage aient été justement choisis pour le fait qu'il n'y avait pas de circulation d'eau possible...
Le site d'Oklo offre un exemple unique de stockage naturel des résidus d’un cœur de réacteur. Des analyses fines montrent la présence dans les filons de traces fossiles de déchets radioactifs restés sur place et un minerai d'uranium appauvri en uranium-235. 

Il est possible d'étudier les migrations d'éléments radioactifs dans le sous-sol sur une très longue période ainsi que leur confinement.

L'étude d'Oklo a montré qu'il y avait eu peu ou pas de migration de l'uranium, et a mis en évidence que des minéraux du sous-sol avaient piégé efficacement certains  et . On a constaté qu'un environnement de phosphates (apatites) était propice à la rétention des radioéléments.

Ce confinement est rassurant, car la Nature n'a pas pris de précautions. L'eau bouillante produite par le fonctionnement lessivait directement les matières radioactives, provoquant parfois des effondrements. 

Même dans le pire des scénarios, il est difficile d'imaginer de tels lessivages dans les sites de stockage envisagés.

Deux milliards d’années après ces évènements, les restes des réacteurs fossiles du Gabon sont l’objet de querelles qui surprendraient les êtres primitifs qui en furent les contemporains. Quelques écologistes favorables au nucléaire les mettent en avant pour appuyer leurs dires. D'autres opposés au nucléaire, la majorité, prennent grand soin d’ignorer Oklo et de ne jamais y faire allusion.
 
Quelques informations complémentaires : http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/oklo_reacteur_naturel.htm
 

2011