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Un journaliste scientifique américain affirme que non et le prouve

Venue des États-Unis, la prévention contre le danger des particules fines de l'air a conduit les autorités des différents pays à édicter des règles de plus en plus draconiennes pour empêcher l'émission de ces produits considérés comme dangereux, voire très dangereux. Sauf que maintenant, on se pose sérieusement la question de savoir si cette dangerosité existe vraiment...

L'EPA (Agence de Protection de l'Environnement américaine) devenue toute puissante aux USA, impose des règles contraignantes sur la base d'études scientifiques. Le problème est que les données détaillées de ces études que des experts indépendants pourraient reproduire et confirmer n'ont jamais été publiées et que l'EPA s'obstine à refuser de les divulguer. A tel point que le Sénat américain vient d'édicter une loi ("Act" dans le jargon juridique américain) pour obliger l'EPA à rendre publiques les données détaillées des études lorsque celles-ci conduisent à des règles contraignantes pour les entreprises, ce qui semble de bonne pratique. Et qui nous fait rêver, nous Français lorsque l'on sait que les lois françaises concernant l'environnement ne font jamais référence à une ou plusieurs études scientifiques.

Dr James Enstrom 
Docteur James Enstrom, research professor UCLA

Le Sénat américain remarque, dans les commentaires préliminaires à sa loi, que la majorité 1 des études sur lesquelles se fonde l'EPA pour la formulation de ses règles, ne sont pas en mesure de présenter des données détaillées permettant une vérification expérimentale par un expert indépendant. La revue par des pairs consiste, en effet, à vérifier que l'étude est conforme aux standards de bonne pratique scientifique en vigueur, mais ne consiste pas en une vérification par reproduction des tests. Indirectement, cette loi met en doute l'assertion de l'EPA  concernant les décès dus à la pollution de l'air par les particules fines. En effet, d'après l'EPA, il était bien établi que n'importe quel niveau de particules fines dans l'air provoquait la mort prématurée d'un certain nombre de personnes, que ce soit par inhalation de quelques heures ou par exposition prolongée. Cependant, lorsqu'on se plonge dans le détail des affirmations de l'EPA concernant le nombre de décès prématurés attribués aux particules fines, on se retrouve en présence de références de références qui, finalement, remontent à des valeurs calculées par des modèles. De plus, les chiffres affirmés par l'EPA (130 000 à 320 000 décès prématurés aux USA en 2005) semblent sortir assez nettement des limites du raisonnable. En fait, il apparaît finalement indémontrable qu'un décès dû à une cause comme une crise cardiaque est un "décès prématuré" dû à la présence de particules fines dans l'air.

<D'après les règles imposées par l'EPA, la teneur en particules fines dans l'atmosphère ne doit pas dépasser 15 microgrammes par mètre cube. Quinze microgrammes par mètre cube, ce n'est pas beaucoup. Le Docteur James Enstrom, ancien chercheur à l'Ecole de Santé Publique de l'UCLA 3 fait remarquer qu'une personne qui respirerait en permanence 15 microgrammes de particules fines n'inhalerait en définitive qu'une quantité correspondant à peu près à une cuillerée à café de ces particules microscopiques en une vie de 80 ans.

Si on représente un mètre cube d'air comme un cube de 1 mètre de coté et les particules fines PM2.5  comme des cubes de 1 micromètre de coté et que l'on range les cubes de particules sur une des faces du cube selon des rangées occupant chacune 1 micromètre de haut, à la concentration de 15 microgramme par mètre cube et avec une masse spécifique de 2 000 kg/m3 les cubes de particules occuperont seulement 7,5 rangées, à comparer au nombre total de rangées (1 million). Si la concentration devient 150 µg par m3, on arrive à un nombre de rangées de 75, soit encore 75/1 000 000 de l'aire de la face du cube ou encore 0,0075 % de cette surface. Les personnes qui prétendaient observer ce phénomène sur Paris lors des épisode printaniers d'augmentation du taux de particules fines (qui n'a d'ailleurs pas dépassé la valeur de 100 µg/m3) ou encore en prendre des photographies représentatives feraient bien de s'imprégner de ce calcul...

Il s'ensuit que l'assertion de l'EPA selon laquelle cette petite quantité de particules fines causerait une mort prématurée est peu crédible.

Pourtant, Lisa Jackson, administratrice de l'EPA jusqu'en janvier 2013 n'a pas hésité pas à déclarer devant le Congrès en 2011 : "Les particules fines sont la cause de morts prématurées. Elles ne vous rendent pas malades. Elles provoquent votre mort avant l'échéance normale". On ne saurait être plus clair.

 Lisa P Jackson official portrait
Lisa Jackson, administratrice de l'EPA jusqu'en 2013

L'EPA insiste sur ce qu'elle appelle la prévention des morts prématurées par les particules fines pour justifier ses règles antipollution de plus en plus contraignantes. Elle a proposé un ensemble de règles appelé le CPP 2 qui conduira par exemple à la fermeture dans les années à venir de plusieurs centrales thermiques à charbon à travers les USA. L'EPA prétend que la mise en oeuvre du CPP préviendra 6 600 décès prématurés et à une économie de 95 milliards de dollars dans les domaines du climat et de la santé. Sauf que les économies "climatiques" semblent être de pratiquement zéro. Les 93 milliards proviennent en effet essentiellement de calcul de l'EPA sur les décès prématurés évités.

Ce manque d'évaluation précise du coût de l'application des règles du CPP a fait l'objet de discussions intenses et d'auditions auprès des commissions spécialisées du Congrès. La position de l'EPA a même récemment fait l'objet d'une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis qui lui a finalement donné tort. Cette décision amène un certain nombre d'Etats à remettre en question l'application même du CPP, notamment en ce qui concerne la fermeture à terme des centrales thermiques à charbon.

Comme Steve Goreham l'écrit dans le journal de l'Internet Communities Digital News, "aucun médecin légiste n'a jamais conclu à la mort prématurée d'un patient précis à cause des particules fines".

Toujours d'après Goreham, la position de l'EPA concernant les particules fines serait fondée sur deux études de 1993 et 1995 : une étude de Dockery et al. : "An association between air pollution and mortality in six US cities" (1993), et une étude de Pope et al. : "Particulate air pollution as a predictor of mortality in a prospective study of U.S. adults" (1995).

steve goreham portrait
Steve Goreham, auteur et chercheur, Heartland Institute

Dans ces deux études, les auteurs ont trouvé un coefficient de corrélation (RR) entre un accroissement du taux de mortalité et une augmentation du taux aérien de particules fines, de 1,2 en moyenne. Or, Steve Goreham indique qu'un tel coefficient de corrélation est, d'après les statisticiens, indiscernable de zéro. Autrement dit, on ne peut pas affirmer qu'il existe une corrélation entre les deux phénomènes.

Par ailleurs, comme je l'avais déjà signalé dans un article précédent, d'après ces études, la composition des particules fines, pourtant éminemment  variable selon le lieu et l'époque, ne semble pas avoir d'influence discernable sur le taux de mortalité prématurée. Autrement dit, un nuage de particules fines contenant des dérivés carbonés parmi lesquels on sait que figurent certainement des produits cancérigènes et un nuage de sels minéraux comme ceux créés par les embruns maritimes produirait, d'après les règles de l'EPA, le même nombre de morts prématurés pourvu que les particules des deux nuages aient les mêmes dimensions. On saisi bien ici le coté absurde des conclusions de l'EPA sur lesquelles des règles ont été établies aux USA comme en Europe.

Il faut malheureusement constater que les scientifiques qui sont à l'origine des précautions destinées à se prémunir moyennant des dépenses considérables contre des dangers qui apparaissent à l'analyse comme plus ou moins imaginaires ont oublié de vérifier les ordres de grandeur. Cette pratique, considérée unanimement comme indispensable à l'époque des règles à calcul, est complètement tombée aujourd'hui en désuétude avec l'apparition du calcul électronique pour tous. Elle est pourtant quelquefois fort utile !

Les responsables politiques des différents pays mis en face des conséquences pécuniaires de ces dérives par défaut d'ordre de grandeur  ont normalement la responsabilité de rectifier le tir. C'est du moins ce que la démocratie représentative, régime sous lequel vivent la plupart des grands pays développés, nous permet. 

Reconnaissons que le système fonctionne de temps en temps. Avez-vous remarqué par exemple, la curieuse volte-face de notre  célèbre Ministre de l'écologie concernant les particules fines émises par les feux de bois pour ce qui concerne la région parisienne ? Tout un chacun se préparait, de plus ou moins bonne grâce, à renoncer au feu de bois traditionnel dans la cheminée du salon  au motif que cela engendrait la présence, dans l'atmosphère parisienne, de dangereuses particules fines facilement détectables et attribuables à ces fameux feux de bois dans la cheminée. Quelque mois avant l'extension de l'interdiction des feux de bois dits "ouvert" à toute la région parisienne, ce qui allait toucher une immense zone pavillonnaire tout autour de la capitale où pratiquement toutes les maisons étaient équipées de cette traditionnelle cheminée, la Ministre de l'Ecologie, prenant le contre pied de sa propre administration, a décidé de revenir en arrière et d'abandonner cette interdiction.

On peut se demander si cette volte-face a été provoquée par de nouveaux résultats (évidemment non publiés) remettant en cause l'origine des particules fines détectées dans la région, ou alors si la décision a remis en cause le principe de "prévention des morts prématurées". Car, enfin, soit les feux de bois étaient un facteur sérieux  de décès prématurés en France, et alors il fallait effectivement interdire ceux-ci dans les maisons, comme c'était programmé, ou alors ce n'était pas sérieux, et alors, on pouvait abandonner cette histoire d'interdiction. On ne peut pas imaginer la troisième explication qui est que la ministre cédait à la démagogie la plus cynique, car alors, il faudrait se poser des questions sérieuses sur son attitude en ce qui concerne la prochaine Conférence de Paris COP21...



(1) 84 % exactement, d'après une étude de l'Université George Mason, Fairfax Virginia.

(2) CPP :  Clean Power Plan (plan pour une énergie propre).

(3) UCLA : Université de Californie à Los Angeles.