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Quelques précisions importantes sur la pollution aux particules fines à Paris

Connaissez-vous l'endroit le plus pollué de Paris en ce qui concerne les particules fines ? Le périphérique ? Les Champs Elysées ? L'avenue de la Grande Armée ? Vous avez tout faux : c'est tout simplement : le métro !

 

En effet, l'atmosphère du métro et surtout du RER ne contient pas seulement un peu plus de particules fines que l'atmosphère de la surface. Non : c'est carrément cinq à dix fois plus de particules au mètre cube. Le graphique ci-contre vous donne une idée de l'étendue du phénomène. Les dates choisies pour ce graphique sont celles qui correspondent aux dernier chiffres disponibles : les 9 et 10 mars 2015.

Quelques jours après ces dates, on a pu assister à une gabegie incroyable : plusieurs milliers de policiers ayant reçu l'ordre de laissant courir les malfrats et les dingues de la kalach pour se consacrer à une courageuse, citoyenne et républicaine tâche : la chasse aux numéros perdants du tirage négocié deux jours avant entre deux des égéries du système gouvernatoire actuel : Ségolène et Anne.

Le métro de Paris est donc, sans contestation, et de loin, la zone où la pollution aux particules fines est la plus importante. Avez-vous entendu nos deux égéries évoquer ce simple fait ? Non. Elles l'ignorent probablement et nos chers médias également. A l'exception du Monde, reconnaissons -le. Il est vrai qu'il faut bien sacrifier à la mode actuelle qui veut que les transports en communs sont classés dans la catégorie Bien alors que les transports individuels appartiennent à la catégorie Mal.

Le 23 mars 2015, donc, tous les malheureux automobilistes de l'agglomération parisienne qui avaient la malchance de voir figurer un nombre pair sur la plaque d'immatriculation de leur véhicule ont été condamnés à ne pas utiliser celui-ci.

Tous ? non bien sûr. Comme toujours, certains privilégiés du régime ont échappé à la règle ; exemple : les journalistes, gent possédant un important pouvoir de nuisance et qu'il convient de ménager...

Mais laissons là les dérogations, marques du clientélisme ordinaire soigneusement entretenu par nos politiques, et essayons d'analyser le problème posé par les particules fines à Paris et la solution apportée par ces derniers.

Tout d'abord, remarquons que ces fameuses particules fines dont j'ai déjà parlé récemment ne constituent pas un problème nouveau. En effet, au risque de faire s'étonner les personnes qui se sentent généralement bien informées, la pollution aux particules fines a plutôt diminué à Paris comme ailleurs depuis quinze ans. Le graphique ci-contre tiré d'une publication d'AIRPARIF est catégorique : la teneur moyenne en particules fines de l'atmosphère de Paris est passée de la valeur 21 microgrammes par mètre cube pour les années 2000 à 2002 à la valeur 17 µg/m3 pour les années 2011 à 2013. Et ces chiffres ont été calculés en tenant compte du changement de la méthode de mesure à partir de 2007. Ce résultat va sembler paradoxal pour certains. Ce qui peut effectivement alimenter la confusion, c'est que les normes qui obligent les autorités à signaler la pollution ou à l'alerter (notez la subtile différence) ont, elles, été abaissées plus rapidement que la pollution elle-même. Ajoutons à cela la publicité faite autour de cette pollution par nos médias qui elle a carrément explosé en quelques années et nous obtenons le résultat actuel : les gens étant persuadés que cette pollution augmente se sentent de plus en plus malades si bien que l'on peut dire sans exagérer que des journalistes ont acquis le pouvoir de rendre les gens malades.

Mais, dirons certains, ce qui compte, c'est la teneur en particules fines dans Paris intra muros au voisinage immédiat des axes de circulation importants et surtout du périphérique. Qu'à cela ne tienne : voici le graphique en provenance de la même source (AIRPARIF) mais concernant cette fois la station du périphérique situé Porte d'Auteuil. On constate le même phénomène de diminution sensible de la pollution aux particules fines depuis l'an 2000. Et la diminution est même plus accentuée que pour Paris global.

L'explication est simple : un certain nombre de mesures prises au niveau européen sont en train de porter leurs fruits. Ces mesures consistent à imposer progressivement aux pollueurs, c'est à dire aux systèmes générateurs de ces particules des normes d'émission de plus en plus sévères. Remarquons cependant que ces normes s'appliquent 24/24 et 365/365 c'est à dire tout le temps. Remarquons aussi que ces mesures s'appliquent partout. C'est en effet la seule façon efficace de faire évoluer les émissions vers le bas.

A l'opposé, la solution de Madame Hidalgo (la circulation alternée) apparaît comme une mesure cosmétique uniquement destinée à donner à un minuscule parti politique (EELV) mais qui fait beaucoup plus de bruit que ne le laisserait supposer son nombre d'électeurs (2 % aux dernières présidentielles) un gage de bonne volonté. Jusqu'où son parti ira pour repêcher des voix ?

Entre porter préjudice à la moitié des personnes d'une part et être accusé de comportement changeant d'autre part, le choix des politiques est vite fait : c'est évidemment la première proposition qui est choisie. Surtout, ne jamais nuire à sa propre image !

L'absurdité de la mesure de Madame Hidalgo ne s'arrête d'ailleurs pas là. En effet, si on examine les cartes figurant l'étendue de la pollution avec un peu de recul c'est à dire en Europe, on constate que la zone où la teneur en particules inférieures à 2,5 µm est supérieure à 35 µg/m3 (zone rouge sur la carte) s'étend sur une zone bien plus grande que la France et que la zone ou la teneur est supérieurs à 50 µg/m3 (zone rouge foncé sur la carte) occupe une surface équivalente à celle de la Belgique ! Paris n'est qu'un minuscule point particulier sur la carte comme on peu le voir ci-contre.

Autre remarque : les teneurs en particules fines sont généralement nettement supérieures à l'intérieur des habitations et des bureaux à ce qu'elles sont à l'extérieur. Comme les Français passent en règle générale plus de temps à l'intérieur qu'à l'extérieur, on peut considérer que les études qui essayent de déterminer l'influence de la variation de teneur en particules fines à l'extérieur sur l'occurence de maladies ou de décès, sont entachées d'un biais important...

En guise de consolation (ou alors de dernier coup de massue, selon l'optimisme du lecteur) je vous présente une carte mondiale de la pollution aux particules fines

Cette carte est publiée par la NASA. Les satellites sont en effet des engins tout à fait désignés pour observer la présence et calculer la teneur en particules fines dans l'atmosphère de notre planète (pour peu, cependant, qu'ils ne confondent pas trop les particules d'eau des nuages avec les particules considérées comme polluantes). On voit que la pollution aux particules intéresse essentiellement l'Afrique saharienne, l'Arabie, l'Inde et surtout la Chine avec une exception pour les régions montagneuses de l'Himalaya. La France est relativement épargnée (il s'agit d'une moyenne annuelle) et surtout le continent américain et particulièrement l'Amérique du Sud apparaît comme presque exempt de cette pollution.

 

 

 

Commentaires   

# Chesnel 07-01-2017 21:57
Vous ne dites pas tout: un des scandales, c'est l'application de la circulation alternée aux voitures à essence pendant tout le mois de décembre 2016. Les épisodes de pollution de décembre étaient liés à un dépassement du seuil de particules fines et les particules fines sont émises à 30% par les diesel (et plutôt les anciens modèles sans filtre à particules) et à 70% par le chauffage (autre que le chauffage électrique et le chauffage urbain). Il n’y a pas eu de dépassement des seuils d’oxydes d’azote et d’ozone. En conséquence, l’application de la circulation alternée aux véhicules à essence est un scandale: il s’agit d’une mesure inutile, très coûteuse (surtout le samedi avant Noël) et liberticide. Malheureusement pas un seul journaliste ne l’a dit. A croire que cette profession est soit hidalgophile soit lobotomisée.
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