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Pris directement, ce titre va probablement sembler provocateur, au moment où la transition énergétique, après avoir fait l'objet de six mois d'analyses, de débats publics et sondages parmi la population va faire l'objet d'une réflexion de la part des élus nationaux et finalement d'une loi.

Ce n'est pourtant pas mon but. Celui-ci est plutôt d'essayer d'alerter les décideurs afin que ceux-ci, pour une fois, réfléchissent avec des éléments réels de réflexion au lieu de prendre des décisions qui peuvent être lourdes de conséquences, sous l'influence unique de poncifs à la mode ou bien encore suivant les désirs d'électeurs complètement manipulés par des organisations écolos, ou encore sous l'influence du lobbying très puissant des ONG se disant écologistes dont les buts ne sont pas toujours ni annoncés ni avouables.

Le raisonnement, lui, parait pourtant limpide et sans faille : investir dans la recherche pour l'éolien permettra un jour de produire autant d'électricité que l'on voudra, par un procédé sans danger qui ne consomme pas de ressources épuisables et qui sera donc quasi éternel. Au contraire, la recherche dans le nucléaire ajoute des dépenses supplémentaires dans un domaine qui n'a pas d'avenir car les ressources en uranium sont très limitées ; le procédé est en outre dangereux et on doit essayer d'en sortir au plus vite car on court le risque d'une catastrophe majeure inévitable.

Voire. Dangereux le nucléaire ? Certainement dans la tête de beaucoup de personnes sensibles à l'argumentation des organisations anti-nucléaire financées à l'origine par l'URSS, puis par les marchands de gaz soucieux de conserver leur très lucratif marché. (Ce fut souvent les mêmes personnes qui ont pris le relais).

Cependant, les chiffres, eux, montrent sans ambigüité que le nucléaire présente le plus faible taux d'accidents mortel (TAM) par gigawatt produit de toutes les sources d'énergies 1. Voir le tableau ci-dessous :

Morts par type dénergie

Il s'ensuit que contrairement à une opinion quasi universelle soigneusement entretenue par les anti-nucléaires, la sécurité se trouve du coté du nucléaire. Les mesures de sécurité drastiques imposées par l'Autorité de Sécurité Nucléaire garantissent un fonctionnement sans faille de l'ensemble des réacteurs sur le sol national.

Les ressources en matériaux fertiles2 ou fissiles et leur utilisation

En 2009, l'IFP estimait la durée de vie des réserves mondiales en uranium 235 à 100 années, sur la base de la consommation annuelle des réacteurs de 2ème génération existants. Il est intéressant de faire un parallèle avec les ressources mondiales de pétrole qui sont estimées à ± 40 années depuis cinquante ans...

Les choses sont cependant complètement différentes si on considère les réacteurs de quatrième génération, fonctionnant en mode surgénération. Dans ces conditions, la durée de vie des réserves mondiales s'établit à plusieurs milliers d'années, toujours d'après l'IFP, ce qui devrait constituer un argument majeur et déterminant :

  1. pour considérer la filière nucléaire comme la plus intéressante de toutes, capable de prendre en charge la plus grande part du mix énergétique mondial
  2. pour investir massivement dans la recherche pour cette filière.
 une des premières règles du développement réussi , c'est de concentrer ses efforts dans les domaines où l'on est fort.

Les réacteurs de quatrième génération pourront utiliser un matériaux fertile nouveau : le thorium. L'abondance du thorium dans la croute terrestre est estimée à quatre fois celle de l'uranium. Mais la surgénération divise par un nombre compris entre 50 et 150 la quantité d'uranium nécessaire pour la fourniture d'une quantité d'énergie donnée. Ce type de réacteur est, en outre, capable de "brûler" les déchets des centrales actuelles, ce qui constitue un double avantage.

Contrairement ce qui concerne les énergies renouvelables, la France est en pointe dans le monde pour ce qui concerne la recherche sur le nucléaire. Or, une des premières règles du développement réussi , c'est de concentrer les efforts dans les domaines où l'on est fort.

Le peu d'attrait des organisations dites non-gouvernementales 3 pour cette filière quand elles ne la rejettent pas en bloc montre sans beaucoup d'ambigüité, que les préoccupations des dites ONG ne sont en fait pas la fourniture d'énergie à l'humanité, mais bien plutôt autre chose. 

 L'illusion des renouvelables

A croire leurs partisans, les énergies renouvelables sont en passe de devenir les seules sources d'énergie dans un avenir plus ou moins lointain. Certes, elles seraient encore perfectibles, et c'est pour cela qu'il faut consacrer des efforts importants pour elles en acceptant de les subventionner.

Voire. Les énergies éoliennes et photovoltaïques ont en commun, outre d'être largement subventionnées par les consommateurs d'électricité nucléaire ou fossile, d'être intermittentes. Cette caractéristique impose que chaque unité renouvelable soit doublée par un backup capable de prendre le relais de façon quasi instantanée lorsque le soleil se couche (ce qu'on peut prévoir à l'avance) ou encore lorsque le vent souffle trop ou pas assez fort (ce qui est plus difficilement prévisible). N'en déplaise à leurs partisans qui pensent qu'il y a toujours du vent quelque-part, il existe des jours de calme plat en période anticyclonique de temps stable, soit en plein été, soit en plein hiver.

La capacité de production installée en non-renouvelable doit être capable de couvrir la totalité des besoins correspondants aux pointes de consommation.

  Et malheureusement, ces périodes ne correspondent pas forcément à une consommation nulle. Tant que les renouvelables ne représentent qu'un faible pourcentage du mix énergétique total, les centrales existantes peuvent absorber sans problème  les variations de fonctionnement des dites renouvelables. Cependant, on considère que lorsque la part de renouvelable dépasse 10 % du mix énergétique, l'implantation de backups devient indispensable. Par ailleurs, l'existence de situations de calme plat (pas d'éolien) de nuit (pas de photovoltaïque) exige que la totalité de l'énergie consommée durant ces périodes provienne de ressources non renouvelables. C'est simplement une obligation que les partisans des renouvelables feignent d'ignorer, ou de minimiser. Pourtant, la totalité de la capacité installée en non renouvelable doit être capable de couvrir la totalité des besoins dans n'importe quelles conditions. En d'autres termes, la capacité installée en non renouvelable doit être capable de couvrir les besoins correspondant aux pointes de consommation.

Cette évidence n'est malheureusement, à ma connaissance, jamais prise en compte dans les schémas futurs de mix énergétique.

La fin des énergies fossiles 

 A en croire les écolos, la fin des énergies fossiles est pour très bientôt. D'ailleurs, "le pic mondial de production du pétrole est dépassé". 

Cette affirmation, tranquillement énoncée par les politiques écolos français est tout simplement fausse. Le monde n'a jamais produit autant de pétrole qu'aujourd'hui. (voir le graphique ci-dessous).

pétrole-production-monde
Source : http://www.indexmundi.com/energy.aspx?product=oil&graph=production

Les énergies fossiles sont au nombre de trois : le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Ces trois produits sont, en fait,  complètement interchangeables si on laisse aux installations consommatrices le temps de s'adapter.  Ainsi, le monde s'est adapté en quelques dizaines d'années à partir des années 1950 à passer du charbon au pétrole, moins cher. Et contrairement à une idée très répandue, le charbon est une matière première tout à fait valable pour produire la totalité des molécules chimiques qui servent à la fabrication des objets qui nous entourent et dont nous nous servons quotidiennement : les plastiques, les médicaments, etc. La "catastrophe" souvent évoquée par certains ignares qui serait provoquée par la fin du pétrole est une vue de l'esprit. Croyez-en le chimiste.

Le gaz naturel est également une matière première qui peut se substituer au pétrole dans un très grand nombre de cas. 

Il s'ensuit que la fin des fossiles, certes inéluctable, signifie, en réalité, la fin du dernier des trois fossiles.

Le développement actuel de l'exploitation des hydrocarbures dits "de schiste", l'exploitation de gisements nouveaux énormes dans des régions hostiles comme l'Arctique, ainsi que la récupération assistée du pétrole dans d'anciens gisements laisse penser que la fin des hydrocarbure fossiles n'est probablement pas pour demain. Savez-vous que seulement 30 % du pétrole existant dans un gisement est aujourd'hui réellement extrait ?

En fait, on ne peut pas aujourd'hui prévoir la date de la fin du fossile, mais on a suffisamment d'éléments pour pouvoir dire que ce n'est pas une urgence et qu'il faudra plusieurs générations avant que cela n'arrive. Dans ces conditions, il semble assez vain de vouloir faire comme si celle-ci était imminente et de se lancer dans une transition énergétique comme si celle-ci était urgente. Personne ne connaît aujourd'hui l'état de la technique de demain. Faire des plans pour s'adapter à quelque chose dont on ignore les conditions qui l'entoureront ce n'est pas faire preuve de prudence dans la gestion, mais bien plutôt manifester une grande incohérence.

La réduction des émissions de CO2

Mais, diront certains (de moins en moins nombreux, il est vrai), la transition énergétique, c'est aussi réduire les émissions de gaz à effet de serre. C'est l'engagement d'un grand nombre de nations, suite au protocole de Kyoto.

L'objectif était fondé sur une loi physique que personne ne pouvait contester à l'époque, car les observations la confortait et dont l'énoncé est le suivant : la température moyenne de la surface de la planète dépend de la quantité de CO2 présent dans l'atmosphère. Elle augmente au fur et à mesure que cette quantité augmente. Et c'est bien ce que l'on observait au cours des années 1960-1990.

Cependant, à partir de 1998, la situation a changé : la température moyenne a cessé de suivre la teneur en CO2 de l'atmosphère qui augmentait de plus en plus rapidement et a même stagné au point qu'en 2012, elle se retrouvait à la valeur qu'elle avait en 1997. Ce nouveau fait, d'abord fortement combattu par les défenseurs du "réchauffement climatique" , puis peu à peu accepté, du moins par les scientifiques restant au fait des observations réelles devrait normalement avoir des conséquences directes sur les décisions prises ou à prendre par les Gouvernements de la planète.

À partir de 1998, la situation a changé : la température moyenne a cessé de suivre la teneur en CO2 de l'atmosphère qui augmentait de plus en plus rapidement et a même stagné au point qu'en 2012, elle se retrouve à la valeur qu'elle avait en 1997

La Chancelière allemande Angela Merkel fut la première à briser le tabou et à montrer au monde qu'elle ne croyait plus au dogme. Sous la pression de son opinion publique fortement influencée par les verts, elle a entrepris la fermeture de ses centrales nucléaires qu'elle remplace maintenant progressivement par des éoliennes et par des centrales au lignite, variété de charbon terriblement polluant, et fortement émettrice de CO2. Les Allemands sont très verts, c'est bien connu. Mais ils sont au moins autant soucieux de leur indépendance énergétique. Ils ont donc tendance, du moins dans leur majorité, à fermer les yeux sur l'utilisation (pas écolo du tout) du lignite, parce qu'il est produit sur le territoire national.

Pour poursuivre leur développement, les Chinois mettent actuellement en service une nouvelle centrale énergétique au charbon par semaine selon Le Figaro par mois selon Le Devoir. Mais il faut savoir qu'ils mettent aussi en service (un peu moins souvent il est vrai) de nouvelles centrales nucléaires (25 centrales en construction d'après lInternaute.com). Exemptés d'efforts sur la réduction des émissions de CO2 par le protocole de Kyoto, ils sont devenus, en quelques années, le premier contributeur mondial à l'augmentation du CO2 atmosphérique. Apparemment, ils ne croient pas non plus au caractère nocif de l'augmentation du CO2 atmosphérique.

Les Américains ne sont pas de reste question inventivité. Le Président Obama a facilement été convaincu de la supériorité du gaz naturel sur le charbon et sur le pétrole quant aux émissions de CO2 : à pouvoir énergétique équivalent, le gaz naturel émet, en brûlant, moins de CO2 que le pétrole, et encore moins que le charbon. Vive donc le gaz de schiste ! Et tant pis pour le CO2 émis. Il est à noter que curieusement, l'exploitation du gaz de schiste pose de notre coté de l'Atlantique beaucoup plus de problème que de l'autre coté. Cette bizarre différence géographique n'a pas reçu, à ma connaissance, d'explication définitive.

L'évolution de la demande en énergie

Lorsque le GIEC a publié ses prévisions quant aux énergies renouvelables, son rapport a reçu un accueil d'autant plus favorable qu'il était annoncé comme le résultat de la réflexion de 120 chercheurs internationalement reconnus. Ce rapport prévoyait dans un de ses scénarios que 77 % de l'énergie consommée dans le monde en 2050 proviendrait de sources renouvelables. Dans ce rapport, on ignorait donc la contrainte absolu du backup qui fait qu'on ne peut pas dépasser 50 % de renouvelable à cause de la nécessité de prévoir une capacité équivalente en non renouvelable pour cause de backup. (Voir plus haut). La presse salua ce rapport unanimement ne retenant que le chiffre du pourcentage de renouvelables qu'elle haussa même à 80 %...

Seulement, peu de temps après la parution du rapport, Steve McIntyre (toujours lui !) a découvert qu'un des "lead authors" du rapport n'était autre qu'un employé de Greenpeace et que le schéma du rapport avait déjà été utilisé comme matériel de propagande par Greenpeace !

La crédibilité du rapport en a pris un coup fatal. A l'heure actuelle, ce rapport est d'ailleurs au moment où j'écris mystérieusement non disponible (?...) Son résumé pour décideurs réussi la performance de ne jamais citer l'évaluation de la demande globale en énergie depuis aujourd'hui jusqu'en 2050, en passant par 2030, ce qui est pourtant le chiffre duquel tout décideur doit partir pour asseoir ses décisions.Nous sommes bien là dans une des technique d'enfumage classique de Greenpeace : on endort le lecteur à l'aide de schémas somptueux en couleur, mais on oublie de faire figurer l'essentiel et l'incontournable.

Le résumé pour décideurs du rapport du GIEC sur les énergies renouvelables réussi la performance de ne jamais citer l'évaluation de la demande globale en énergie.

Une estimation honnête de la demande future en énergie a été faite par les deux auteurs d'un l'ouvrage très bien documenté 4 qui chiffre, lui, honnêtement cette demande entre 32,5 et 57 gigatonnes équivalent pétrole (selon les scénarios envisagés), incluant les économies d'énergies, la part des renouvelables, et une part réaliste pour les pays en développement.

 Shell arrête ses prévisions à l'année 2030 et chiffre les besoins mondiaux à 700 exajoules 5 par an en 2030 que l'on peut extrapoler mathématiquement à 820 exajoules par an en 2050. Convertis en millions de tonnes équivalent pétrole (tep), cela fait  respectivement 16,7 Gtep pour 2013 et 19,7 Gtep pour 2050.

La dernière estimation de BP est aussi de 16,7 Gtep pour 2030. Une extrapolation pour 2050 donne donc aussi 19,7 Gtep.

Le modèle World Energy Technology Outlook-2050 (WETO-H2), une émanation de la commission européenne se rapproche des estimations de Shell et de BP avec une estimation de consommation d'énergie primaire de 22 Gtep / an en 2050.

La divergence importante entre les estimations des auteurs mentionnés ci-dessus et les estimations de la commission européenne et des majors du pétrole tient dans les taux de croissance utilisés : 1,6 % par an d'après les majors et la Commission européenne, 2,,35 % par an pour les auteurs. Cette divergence est inquiétante. En effet, elle montre que les acteurs de l'énergie en 2012 ou 2013 sont incapables de formuler des prévisions cohérentes. Il est clair que les fameux plan de transition énergétiques à la mode risquent de s'écraser sur le mur de la réalité dans quelques années.

La place future de l'énergie nucléaire

Les 2 types de projection ci-dessus, bien que divergeant fortement sur la somme des besoins ont cependant ont un point commun : ils donnent une large place au nucléaire dans le futur. La France qui a fait le choix du nucléaire il y a cinquante ans se trouve maintenant dans une position confortable par rapport à ses voisins et concurrents comme l'Allemagne : elle dispose d'une énergie bon marché. Des promesses électorales ont beau avoir été faites, lorsqu'on se trouve aux manettes et que l'on a connaissance des vrais chiffres, il y a fort à parier que l'on oublie les promesses... Ce n'est donc très probablement pas demain que la France arrêtera ses réacteurs. Et c'est très bien ainsi.

Dans le reste du monde, après un coup de frein assez violent provoqué non pas par l'accident de Fukushima lui-même, mais par le remue-ménage médiatique subséquent, les projets nucléaires refont surface :

  • Les capacités nucléaires dans le monde continuent à suivre une croissance régulière, avec 60 réacteurs en construction dans 13 pays.
    pour ce qui concerne le fait de s'affranchir des énergies fossiles, la France a franchi le pas il y a près de cinquante ans et se trouve très au-delà de la période de transition.
  • La plupart des réacteurs prévus ou en construction sont situés en Asie. Cependant, des projets importants existent aussi en Russie et aux USA.
  • Une partie importante de l'accroissement des capacités nucléaires est obtenue en augmentant la capacité des implantations existantes.
  • Une partie des capacités existantes est conservée grâce à l'augmentation de la durée de vie des centrales, notamment aux USA. 

Le battage médiatique donne l'impression inverse. Pas une semaine de se passe sans qu'une organisation écolo n'annonce la victoire des énergies renouvelables sur le nucléaire. C'est l'application, grandeur nature, de la méthode Coué. Mais ce n'est pas la réalité.

En France, certains acteurs de la "transition énergétique" veulent donner l'impression que l'on est passé à l'ère des énergies renouvelables. En réalité, et pour ce qui concerne le fait de s'affranchir des énergies fossiles, il n'y a pas à prévoir de transition : la France a franchi le pas il y a près de cinquante ans et se trouve très au-delà de cette période de transition. D'ailleurs, un horizon nouveau se fait jour. L'énergie nucléaire pourrait bien changer complètement de visage si la recherche permet le passage à la quatrième génération. C'est cette génération de réacteurs qui apportera les solutions à deux problème majeurs : les déchets nucléaires et la garantie d'approvisionnement en matière première à très long terme.

Et c'est pour ces raisons qu'il vaut mieux investir en recherche dans le nucléaire que dans l'éolien.


(1) Et les renouvelables, qu'en faites-vous ? vont me rétorquer certains. En l'absence de chiffres comparables aux autres énergies pour la période considérée, et sachant que les renouvelables exigent, pour fonctionner, un backup au gaz de capacité équivalente, il semble logique de leur attribuer un TAM égal à la moitié de celui du gaz naturel, ce dernier constituant la grande majorité des backups .

(2) Un élément est dit" fertile" lorsqu'il permet, par transmutation, d'aboutir à un élément fissile. Les 2 seuls isotopes fertiles naturels sont l'uranium 238 et le thorium 232. Le thorium 232 permet d'obtenir un élément fissile : l'uranium 233 .  L'uranium 238 permet d'obtenir l'uranium 239.  La voie uranium 238 → plutonium 239 est bien connue. Elle présente l'inconvénient, par rapport à la voie thorium → uranium 233 de passer par le plutonium, matière première de la fabrication d'armes nucléaires. Un autre procédé dit ADS pour Accelerator Driven System utilise un accélérateur de protons pour bombarder une cible de plomb / bismuth qui, à son tour, émet des neutrons par spallation capables d'exciter un cœur de thorium  pour donner de l'uranium 233. Ce procédé possède l'important avantage de travailler en mode sous-critique 

(3) J'ai toujours été assez étonné de voir que certaines organisations se définissent dans leur nom, par ce qu'elles ne sont pas. Cela peut prêter à de grosses confusions : en effet, s'il est facile de définir la nudité par l'absence de vêtement, il est en par exemple plus difficile de définir l'honnêteté par l'absence de casier judiciaire...

(4) Jacques Foos et Yves de Saint Jacob :"Peut-on sortir du nucléaire", Hermann éditeurs ISBN : 978 2 7056 8172 2

(5) Exajoule : 1018 joules.

5 août 2014