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Ou les méfaits cachés des emplois verts dans la production d'énergie

Le titre de ce billet est emprunté à celui d'un recueil de pamphlets écrit au dix neuvième siècle par un économiste devenu député, bien connu et respecté aux USA, mais très largement oublié en France qui fut pourtant sa mère patrie : Frédéric Bastiat.

Dans un des chapitres "la vitre cassée" de son livre, Frédéric Bastiat décrit la réaction classique et populaire devant le spectacle d'une vitre cassée consistant à conclure que le côté positif de la chose est que "de tels accidents font aller l'industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers si l'on ne cassait jamais de vitres ? ". Frédéric Bastiat montre avec beaucoup de pertinence que le vitrier qui se frotte les mains parce qu'il vient de gagner six francs pour réparer la vitre c'est ce qu'on voit. Mais, le cordonnier à qui le propriétaire de la fenêtre n'a pas donné les six francs qu'il n'avait donc plus pour s'acheter une paire de chaussures, c'est ce qu'on ne voit pas". Le bris de la vitre est en définitive une perte pour la société qui se traduit, en l'occurence, par six francs gagnés par le vitrier et non-gagnés par le cordonnier (jeu nul) et aussi par une perte de niveau de vie pour le propriétaire qui ne pourra pas s'acheter et porter une nouvelle paire de chaussures dont il aurait eu besoin.

Au niveau d'un pays tout entier, le calcul est simple à faire : plus ce pays consomme de l'énergie "verte", plus il s'appauvrit.

Je lisais, dimanche dernier, dans un journal bien connu pour sa réputation de sérieux, un article concernant l'augmentation du chômage en France en 2012. L'auteur de l'article constatait que les seules régions de France qui arrivaient à un solde positif concernant les créations d'emploi étaient les régions concernées par les emplois induits par la production d'énergie "verte" : éolienne ou solaire. D'où la conclusion (triomphante, bien que sous-entendue) des bienfaits apportés par cette "transition énergétique".

Le parallèle avec le recueil de Frédéric Bastiat est simple à faire : les nouveaux emplois verts, c'est ce qu'on voit. Par contre, ce qu'on ne voit pas, ce sont les emplois qui auraient pu être créés ou non perdus avec la demande de biens et de services qui aurait été provoquée par le pouvoir d'achat supplémentaire gagné par les utilisateurs de l'énergie si celle-ci avait été de provenance nucléaire (donc moins chère) plutôt que de provenance "verte".

Au niveau d'un pays tout entier, le calcul est simple à faire : plus ce pays consomme de l'énergie "verte", plus celui-ci s'appauvrit. Le Danemark en a fait la cruelle expérience, et l'appauvrissement a même été précisément chiffré par un cabinet d'expertises. Mais les gouvernements de certains de ses voisins, dont celui de l'Allemagne, sont sourds et aveugles à l'énoncé de cette simple constatation. En pleine crise économique, ils persistent à investir des sommes gigantesques pour produirede l'énergie à grands frais et au détriment des citoyens, par des procédés antiques et peu productifs, au nom de principes douteux dans leur conception et complètement inefficaces dans leur mise en œuvre.

Jusqu'où donc le dogmatisme nous entraînera-t-il ?

16 mai 2013