raindrops

Et pourquoi certaines personnes voudraient nous le faire croire

Il ne se passe pas de semaine sans qu'un média nous avertisse de l'imminence de ce fameux "Peak Oil" et nous mette en garde contre les ravages que causera - cela ne fait aucun doute - cet évènement.

Les détails de l'évènement ne sont généralement pas ou peu communiqués, mais suggérés ce qui accentue encore le caractère catastrophique de la chose.

En effet, aux conséquences tragiques globales viennent s'ajouter, dans l'esprit d'un public peu ou pas informé, les conséquences locales et personnelles concernant le lecteur : plus de pétrole = plus d'essence pour ma voiture, plus de fuel pour ma chaudière (heureusement que le climat se réchauffe...), plus de médicament pour soigner ma vieillesse, plus de plastique, plus de vêtement en textile synthétique, plus de cinéma (le support des films est en matière synthétique), etc... etc... plus rien quoi. Ce qu'on appelle la "civilisation" s'arrête et tout le monde meurt sauf quelques intrépides pionniers barbus dans leur forêt canadienne...

Heureusement (et malheureusement pour ces prédicateurs) tout cela est complètement faux.  Il faut en effet comprendre que si on utilise le pétrole dans de si nombreux domaines, c'est tout simplement parce que le pétrole est bon marché. très bon marché même.

La dernière fois que j'ai pris le métro, j'ai constaté, par exemple, qu'un distributeur automatique  proposaient une bouteille d'Evian d'un demi-litre pour 1,40 EUR. Or, pour obtenir cette bouteille d'eau, il suffit de la remplir à la source. A titre de comparaison, un demi-litre de pétrole brut sans plus de transformation que cette bouteille d'eau, mais ayant à amortir des investissements gigantesques pour l'exploration, le forage et l'extraction, coûte 0,27 EUR au cours actuel, soit environ 5 fois moins.

Notons au passage que c'est en extrayant et en vendant ce pétrole sur le marché mondial que les compagnies pétrolières si honnies par certains, font leurs "superbénéfices" que les candidats au pouvoir, toujours en quête de subsides souhaiteraient taxer d'avantage, au seul motif que certaines de ces compagnies sont françaises, ou plutôt que leur siège social est en France. (Ce qui d'ailleurs pourrait les forcer à changer de nationalité).

Le prix du pétrole brut n'est pas fixé par décision d'importants personnages, comme beaucoup le pensent, formés qu'ils ont été à toute puissance de l'Etat et de quelques hauts personnages du monde des affaires.

Non : comme dans beaucoup d'autres domaines (mais pas beaucoup chez nous), il y a 2 facteurs qui fixent ce prix : 

  • le coût de l'extraction du pétrole : Pendant des dizaines d'années, le pétrole a jailli spontanément
  • la loi de l'offre et de la demande : Que les affaires marchent bien, ce qui a été jusqu'à recemment le cas globalement dans le monde, et aussitôt, le prix de l'huile augmente car la production peine à s'adapter immédiatement à la demande.

Que l'offre dépasse la demande (ce qui a été le cas, par exemple, entre juillet 2008 avec le record historique du prix du brut à près de 150 EUR/bbl et avril 2009) et aussitôt, le prix de l'huile dégringole : moins de 40 EUR/bbl.
Il est étrange que cette loi qui se répète depuis une bonne centaine d'années ne soit toujours pas admise par tous.

En réalité, les alarmistes qui voudraient nous faire croire que le prix du pétrole va s'envoler ont une idée bien précise en tête. Cette idée, ils la nomment la transition énergétique. La transition énergétique, pour eux, c'est le passage progressif des ressources énergétiques conventionnelles, hydraulique, hydrocarbures, nucléaire à ce qu'ils appellent les énergies renouvelables qui ont en commun de mettre en oeuvre  des générateurs d'énergie intermittents pour ne pas dire aléatoires : éoliennes, panneaux solaires (ils conservent l'hydraulique existant, mais s'opposent à la construction de nouveaux barrages).

L'ennui, c'est que cette solution n'est pas viable techniquement : 

  • les éoliennes ne tournent que lorsqu'il y a du vent (suffisamment, mais pas trop).
  • les panneaux solaires ne produisent de l'électricité que le jour, et à condition qu'il n'y ait pas de couverture nuageuse.

Pour compenser les jours "sans", et en admettant que toute la puissance nécessaire soit installée, ce qui, entre nous, représente un monde couvert d'éoliennes et de panneaux solaires, il faut pouvoir stocker l'énergie. Or, au jour d'aujourd'hui, on ne sait pas faire, et on ne voit pas comment faire. Si les éoliennes et les panneaux solaires contribuent un peu aujourd'hui  à la production d'énergie, c'est parce que ces générateurs sont systématiquement doublés par des générateurs qui prennent le relais les jours "sans". Ces générateurs sont, pour la plupart, des systèmes non identifiés appartenant au réseau existant qui encaisse jusqu'ici facilement les à-coups de la production dite renouvelable.

Malheureusement, la capacité des sytèmes existants à encaisser les à-coups est limitée : elle est possible actuellement parce que la proportion de systèmes intermittents est faible. Elle cessera d'être efficace le jour où la proportion des systèmes intermittents dépassera un certain seuil. Ce jour là, la disponibilité de l'énergie électrique cessera d'être garantie : on peut supposer qu'on alertera les populations des risques de coupure du courant, et que celles-ci veilleront à sortir de leurs congélateurs toutes les denrées périssables, ne prendront plus l'ascenseur et feront des provisions (non périssables) pour passer la période "sans". Naturellement, les usines seront préventivement fermées, les chantiers arrêtés ainsi que toutes les activités pour lesquelles le courant électrique est nécessaire. Les hôpitaux et les administrations indispensables mettrons ensuite en route leurs groupes électrogènes (consommant des hydrocarbures) en route, et tout le monde attendra à la maison que le vent revienne...
Question importante : est-ce que les salariés seront payés pendant ces jours d'attente ? Il est probable que non...

Juillet 2013