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Traduction d'un article de  Peter C. Glover et Michael J. Economides du 3 juin 2011

Si l'on en croit Winston Churchill, "Le succès consiste à aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme". Cette phrase célèbre pourrait bien s'appliquer aux verts avocats de la révolution des énergies renouvelables : une révolution qui révèle une complète déconnection entre le discours politique et la réalité physique et économique de l'énergie.

Regardons le cas de notre sympatique Chancelière Allemande - Discours : en 2006, Angela Merkel promet de sortir du charbon et du nucléaire au bénéfice des énergies renouvelables. Réalité : Pendant 3 ans, Angela active la construction de 26 nouvelles centrales thermiques au charbon, et demande à l'Europe la protection de l'industrie lourde allemande par l'obtention de "permis de polluer" spéciaux. En 2010, elle annonce un accord allongeant la durée de vie des centrales nucléaires de 12 ans. Que s'est-il passé ? Une rébellion des grands patrons de l'industrie concernant la perte de compétitivité internationale pourrait bien en être la cause. Nouveau discours : en avril, nouveau revirement contre l'industrie nucléaire après l'accident de Fukushima surtout destiné à essayer d'enrayer sa chute politique

Discours : Souvenons-nous des emplois "verts" lorsque le Président Obama mettait les Américains en garde contre "les nations comme l'Espagne, l'Allemagne et le Japon qui sont en train de nous dépasser". Obama voulait créer 5 millions d'emplois "verts" et devenir le tzar des "emplois verts". Réalité : Un étude en Espagne a révélé qu'en fait 2,2 emplois étaient détruits pour un "emploi vert" créé. Le Center for American progress dont le pdg a dirigé l'équipe de transition d'Obama a calculé que cela coûterait au gouvernement américain 10 milliards de dollars pour créer 2 millions d'emplois "verts", une facture pour le contribuable de 50 000 $ par emploi créé. Et en février dernier un rapport anglais a confirmé que le financement du secteur "vert" coûtait plus d'emplois qu'il n'en créait. Discours : L'eurocrate Andris Pielbalgs a été l'un des promoteurs actifs du mirage du renouvelable avec des affirmations du genre :"l'énergie éolienne est capable de remplacer une large fraction de l'énergie fossile polluante et dépassée sur laquelle nous sommes assis". Réalité :"Nous allons bientôt célébrer la vingt millième station éolienne sans avoir remplacé une seule station à énergie conventionnelle" (Ferdinand Furst zu Hohenlohe-Bartenstein, président de l'association fédérale allemande. pour la protection des paysages).

Est-ce que le vent remplacera les sources conventionnelles d'énergie ? Discours : "L'énergie éolienne est une des plus prometteuses technologies renouvelables, et c'est un domaine dans lequel ont déjà été réalisés de nombreux développements et améliorations rendant la production d'énergie électrique plus efficace". C'est ce qu'on peut lire sur le site web de la Commission Européenne du renouvelable. Réalité : L'Association Britannique de l'Energie Eolienne a été forcée de reconnaitre que les installations éoliennes devraient être doublées par un backup à hydrocarbures représentant 75 % de la capacité installée ; les compagnies anglaises de production d'énergie comme E.ON ont admis que l'éolien nécessitait un backup à hydrocarbures de plus de 90 % ; enfin, un rapport de la Chambre des Lords considère que l'éolien demande un backup de 100 %. 

Discours : Parlant à la Journée de la Terre en 2009, le Président Obama a déploré le fait que seulement 3 % de l'électricité américaine était représentée par du renouvelable, surtout de l'éolien - et a présenté le Danemark comme un modèle à suivre : le "miracle danois de l'énergie alternative", souvent cité. Réalité : Aase Madsen, président de la Commission de l'Energie du Parlement danois appelle le programme éolien danois "un désastre terriblement coûteux". Mandaté pour fournir un rapport sur les exportation danoises d'électricité en 2009, le think-tank danois CEPOS (Centre d'Etudes Politiques) a trouvé que les danois payaient l'électricité la plus chère de toute l'Europe (en partie à cause des subventions à l'éolien), que 90 % des nouveaux emplois créés était des emplois technologiques transférés depuis d'autres industries, que seulement 10 % des emplois avaient été des emplois nouveaux, et que le Produit Intérieur Brut se trouvait plombé d'environ 270 millions de dollars en raison des subventions à l'éolien. 

Pour faire bonne mesure, ajoutons que "Les éoliennes ne réduisent pas les émissions de CO2" déclaration de Flemming Niseen, Directeur du Développement à la West Danish Generating Company, à Elsam.

Discours : L'industrie éolienne et le gouvernement britanniques ont chacun déclaré que l'éolien "ne recevait pas de subvention directe". Réalité : L'éolien, ainsi que d'autres énergies renouvelables sont presque entièrement financés par un régime masqué complexe de taxes et de crédits d'impôts. (...). Dans le Livre Blanc de l'Energie de 2003, le gouvernement britannique a admis qu'il dépenserait environ 1 milliard de livres par an vers 2010 pour l'industrie des énergies renouvelables. Sir Martin Holdgate, ancien président du Conseil Britannique pour les Énergies Renouvelables a résumé ainsi la situation des fermes éoliennes : "Le problème avec les fermes éoliennes, c'est qu'elles ont une empreinte écologique spatiale énorme pour une production d'électricité ridicule . Vous avez besoin de 800 éoliennes pour remplacer une seule centrale thermique au charbon". Tout en confirmant que les énergies fossiles et non pas les renouvelables continueraient  à être la principale source d'énergie pour les décennies à venir, le Docteur Matt Ridley, écrivain scientifique, déclare  : "Nous devrions construire 100 fois plus de fermes éoliennes que ce que nous possédons aujourd'hui pour produire environ 10 % de nos besoins avec le vent. Et nous n'aurons bientôt plus de place pour les mettre".

Un membre du Congrès américain, Peter Stark commente ainsi la construction des fermes éoliennes : "ce ne sont pas des fermes éoliennes, ce sont des fermes fiscales".

Le docteur Howard Hayden, professeur émérite de physique à l'Université du Connecticut met en perspective la totale dépendance des énergies renouvelables : "Avec les subventions adéquates, l'éolien peut devenir une source viable d'énergie. Et avec les subventions adéquates, l'essence peut être rendue gratuite et les diamants de 2 carats peuvent être donnés en cadeau dans les boites de céréales. Comment se fait-il que le vent, avec ses 4000 années d'avance joue-t-il un rôle aussi minuscule sur la scène de l'énergie ? Se pourrait-il (juste une éventualité) que la réponse ait quelque chose à voir avec la physique et non pas avec la politique et l'économie ?

Le docteur Richard Courney, expert internationalement reconnu de l'énergie et du climat montre le problème d'une façon encore plus imagée : "Le rêve d'un Nouvel Âge alimenté avec des fermes éoliennes restera un rêve parce que les lois de la physique ne le permettent pas dans un monde industrialisé. Si l'éolien était économiquement viable, les super tankers pétroliers seraient à voiles".

Discours : Face à la dure évidence de l'échec les sources d'énergies renouvelables à contredire la physique et les lois de l'économie, le GIEC onusien vient de publier en Mai 2011 son dernier rapport sur les énergies renouvelables. Celui-ci commence par la remarque liminaire suivante : "Près de 80 % des besoins en énergie du monde peuvent être couverts par les énergies renouvelables vers le milieu du siècle si celles-ci sont supportées par une politique convenable". Réalité : Bienvenue sur la planète ONU-GIEC. Avec une "politique convenable", nous pourrions aussi nous payer un voyage sur la navette spatiale galactique de Richard Branson. Dale Allen Pfeiffer, sur le sujet des cellules photovoltaïques, démoli la science-fiction solaire par quelques calculs : " Les USA auraient besoin de 17 % de la surface de la planète, soit 59 % de la surface des terres pour remplacer la consommation quotidienne de pétrole".

Peut-être que l'ironie ultime pour les grands ordonnateurs de la Politique Verte, c'est que les grandes industries a forte intensité énergétique qu'ils blâment pour leurs importantes émissions de CO2 seront les premières à bénéficier des largesses publiques que constituent les subventions au "grand nettoyage vert". Un rapport récent indique que General Electric et Total se positionnent pour entrer dans la course du solaire. Les grands producteurs d'énergie et les grandes compagnies pétrolières comme E.ON, RWE et Shell ont annoncé leurs intentions de réduire rapidement et considérablement leurs émissions de CO2. N'oublions pas non plus le "virage au vert soudain des banquiers (ceux qui s'étaient rencontrés en octobre 2008 à Londres pour discuter de la meilleure façon de profiter du nouveau marché des émissions-carbone).

En 2007, la Banque d'Investissement Européenne a calculé que le coût total du Programme pour les Énergies Renouvelables s'étendant sur les 14 prochaines années serait de 1 100 milliards d'euros. Le budget total européen était à cette époque de 100 milliards d'Euros. Interrogée sur qui payerait la facture, la Présidente Européenne de l'époque, Angela Merkel répondit, dans un belle élan d'honnêteté : "Je ne peux pas vous le dire". Les contribuables sanctionneront-ils les politiciens qui n'ont pas fait les calculs ?

L'épitaphe prévisionnelle de l'écologiste John Etherington pour les énergies renouvelables "émission de monnaie sans usage, avec l'appui et l'encouragement de personnes incompétentes" est peut-être de la rhétorique, mais c'est aussi la réalité. Comme nous l'avions déjà écrit par ailleurs, "celui qui refuse de faire les calculs est condamné à raconter n'importe quoi".

En politique et dans la vie, il en a toujours été ainsi.

19 mai 2014