BIOlesannees70

Séduisante, certes. Mais sans confirmation expérimentale

Jbor'ai tout à fait conscience de ce que tout ce titre va soulever de protestations. Mais je sais aussi que les protestations seront d'autant plus vives que celui ou celle qui les émettra sera moins au courant des réalités scientifiques. Parce que, entre nous, les "preuves" expérimentales on les attend toujours depuis Arrhénius...  Je sais encore que l'expérience qui pourrait mettre en évidence directement le mécanisme de ce fameux "effet de serre" n'est pas aujourd'hui à notre portée. On peut le regretter, mais c'est la loi des conditions expérimentales : un tube d'expérimentation adiabatique de plusieurs kilomètres de long  et assez large pour éliminer les effets de paroi n'existe tout simplement pas aujourd'hui. Un jour, peut-être...

co2 data mlo
Figure 1. Évolution de la teneur atmosphérique en CO2 à la station de Mauna-Loa (Hawaï).

"Mais", allez-vous objecter, "dans ces conditions, toutes les politiques de très nombreux pays, destinées à enrayer le réchauffement climatique actuel, ou tout au moins le maintenir à un niveau acceptable ne serviraient donc à rien ? C'est tout bonnement impossible..."

C'est impossible, mais pourtant c'est. Un petit nombre d'activistes convaincus a réussi le tour de force extraordinaire de tordre le cou a des siècles d'une attitude scientifique qui avait donné des preuves irréfutables de son efficacité : le scepticisme.   

Aujourd'hui, en ce qui concerne le climat, l'attitude scientifique de référence qui consiste à mettre systématiquement en doute les théories résultant des observations est interdite. Le réchauffement anthropique est devenu un concept obligatoire, sous peine de voir, pour un chercheur, son job supprimé, ses crédits de recherche refusés et ses publications systématiquement passées à la trappe... On conçoit que dans ces conditions, les scientifiques assez courageux pour braver toutes ces conditions ne soient pas très nombreux. L'âge moyen des sceptiques de l'effet dramatique du CO2 démontre d'ailleurs très clairement cette situation : seuls les scientifiques à l'abri des rétorsions citées plus haut parce qu'en retraite osent dire tout haut et très fort ce que d'autres - les plus nombreux - taisent pour cause de sécurité...

« Bien » me direz-vous. « Mais donnez au moins quelques précisions sur cette affirmation inattendue !  ». Bien sûr : les voici. Le web fourmille d'explications plus ou moins cohérentes concernant cet "effet de serre". Certaines, comme celle de "MÉTÉO-FRANCE" 

L'humidité de l'air 

"L'effet de serre" procuré, dans la théorie "officielle" par la présence de CO2 dans l'atmosphère, conduit à une augmentation (modeste) de la température moyenne de surface terrestre d'environ 1,2 °C qui l'on peut calculer par le moyen des lois de la physique. Cependant, toujours d'après la théorie "officielle", ce réchauffement implique que la teneur en vapeur d'eau de l'atmosphère augmente légèrement (c'est la célèbre et incontestée loi tirée de la formule de Clapeyron) : une température supérieure implique un taux de vapeur d'eau plus élevé, toutes choses égales par ailleurs. De là, les modèles climatiques indiquent que le réchauffement provoqué par le CO2 se trouve largement amplifié par la présence de plus de vapeur d'eau dans l'atmosphère.  Ces phénomènes sont donc largement connus, et les calculs des modèles climatiques, fondés sur des lois physiques classiques, sont incontestables.

Trends in middle and upper atmosphere humidity
 

Par ailleurs, on connait l'évolution de la teneur moyenne en CO2 de l'atmosphère grâce aux patientes mesures des différentes stations terrestre dédiées, en particulier la station de Mauna-Loa qui constitue la référence dans ce domaine. La courbe correspondante (figure 1) est célèbre. Il est clair que la teneur atmosphérique en CO2 augmente régulièrement. 

Connaissant l'évolution prévisible de la teneur atmosphérique en CO2 et en appliquant la formule de Clapeyron citée ci-dessus aux couches de l'atmosphère dans lesquelles se produisent les phénomènes entrainant l'effet de serre, les modèles climatiques indiquent l'évolution calculée des températures. Et c'est finalement une augmentation des températures de plusieurs degrés à laquelle il faut s'attendre. C'est ce réchauffement qui fait l'objet de toutes les mesures prévues par les accords internationaux pour réduire, voire annuler complètement les quantités de CO2 émises par les activités humaines 1

Il y a cependant un petit problème. Si on regarde sur une assez longue période (plus de trente ans), l'évolution des valeurs d'humidité spécifique 2 des différentes couches de la troposphère dans lesquelles doit se produire les phénomènes décrits ci-dessus, valeurs que l'on peut trouver sur le site de la NOAA 3, on devrait trouver la trace de l'augmentation d'humidité spécifique causée par l'augmentation de la teneur atmosphérique en CO2. Or, de façon très surprenante, c'est le contraire que l'on observe ! L'humidité de l'atmosphère a, en moyenne, baissé entre 1973 et 2007, et dans des proportions significatives. (Figure 2).

 

 L'évolution de la température de l'atmosphère

 

 

(1) Ces décisions sont en effet très lourdes de conséquences. De plus, si elles apparaissent plus ou moins acceptables parmi les pays développés (essentiellement d'ailleurs parce que l'exposition de leurs conséquences est soigneusement évité), il n'en est pas de même parmi les pays en développement : ceux-ci pourraient en effet considérer les mesures proposées comme une véritable insulte à leur égard, puisqu'elles empêchent, en fait, les pays en développement d'atteindre le degré d'amélioration des conditions de vie des habitants qui existent chez les pays développés. 
(2) L'humidité de l'air se mesure soit en faisant le rapport de la quantité de vapeur d'eau trouvée dans une quantité donnée d'air humide à la masse de cette quantité (humidité spécifique en g/kg ou en g/g), soit en rapportant la masse de vapeur d'eau de la quantité donnée à la masse de vapeur d'eau contenue dans la quantité si celle-ci est saturée, (humidité relative), soit encore en  unité de masse par unité de volume d'air (humidité absolue). Les météorologues considèrent souvent aussi la colonne d'air sur toute la hauteur de l'atmosphère et rapportent la masse d'air de la colonne par m².